• Au Salon du Louvre, en 1783, un attroupement se forme autour d’un tableau. Les gens se bousculent, on veut voir l’œuvre dont tout le monde parle... Qu’est-ce qui attire ainsi leur attention ?

    Il s’agit d’un portrait de Marie-Antoinette par sa peintre favorite, Élisabeth Louise Vigée Le Brun. La souveraine est représentée dans une robe blanche et légère, dite « gaulle ». Peut-être inspirée de la garde-robe paysanne, la tenue semble bien trop simple pour la reine de France !

    C’est ce qui scandalise les visiteurs : une personnalité aussi importante que Marie-Antoinette ne doit pas être montrée ainsi.

     

     

    Où l’on découvre une robe qui a fait parler d’elle.

    Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Portrait de Marie-Antoinette en robe de mousseline dite “en gaulle”, 1783, Château Wolfgarten, Langen Voir en grand 

     

    Au XVIIIème siècle, les nobles s’habillent selon des règles précises lors des cérémonies publiques, avec de riches vêtements très contraignants. Mais la reine Marie-Antoinette, ennuyée par ce protocole, préfère fuir ces obligations. Dans son pavillon privé, entourée de ses amis, elle adopte alors des vêtements simples, sans rien de superflu. La vie privée de la reine aurait mieux fait de le rester, cet aspect jugé négligé n’est pas toléré au Salon !

     

     

    Où l’on découvre une robe qui a fait parler d’elle.

    Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Portrait de Marie-Antoinette en habit de cour, 1778, huile sur toile, 273 x 193 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne Voir en grand 

     

    Le scandale est tel qu’Élisabeth Louise Vigée Le Brun fait décrocher le portrait de la reine, quelques jours seulement après le début du Salon. La peintre remplace l’œuvre par un autre tableau, bien plus classique, le Portrait dit « à la rose ». Seules la coiffure et la robe sont différentes, mais ces simples détails suffisent à apaiser les critiques…

     

    Où l’on découvre une robe qui a fait parler d’elle.

    Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Portrait de Marie-Antoinette dit “à la rose”, 1783, huile sur toile, 130 x 87 cm, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles Voir en grand 

     

    Pourtant, vingt ans plus tard, l’impératrice Joséphine portera une robe similaire sans que personne ne s’en émeuve. Les goûts vestimentaires de Marie-Antoinette étaient un peu trop novateurs pour l'époque !

     

    Où l’on découvre une robe qui a fait parler d’elle.

    François Gérard, Madame Bonaparte à Malmaison, 1801, huile sur toile, 178 x 174 cm, Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg Voir en grand 

     

    Où l’on découvre une robe qui a fait parler d’elle.

    Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Autoportrait, vers 1781-1782, huile sur toile, Kimbell Art Museum, Fort Worth Voir en grand 

    Article paru dans Artips


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