• Camille Claudel a enfin son musée

     

    Camille Claudel a enfin son musée 

     

    À Nogent-sur-Seine, le musée Camille Claudel ouvre ses portes le 26 mars. Il réunit 200 œuvres de la sculpture française des années 1880-1914 et met en lumière le travail de la sculptrice.

     

    Camille Claudel a enfin son musée

     

    Alors qu’Auguste Rodin est célébré toute cette année (le centenaire de sa mort survenue à Meudon, le 17 novembre 1917) est l'occasion de nombreuses expositions dans toute la France), Camille Claudel (1864-1943), son élève, amante et muse a enfin droit, elle aussi, à son musée. Le choix s’est porté sur la petite ville de Nogent-sur-Seine (Aube) où elle vécut enfant quelques années, de 1876 à 1181. Le long des berges de la Seine, la haute silhouette des Grands moulins – aujourd’hui propriété d’un céréalier - offre aux regards des visiteurs de superbes façades en meulière et briques rouge et blanche. 

    La ville de Nogent-sur-Seine - 6300 habitants -, où trois générations de sculpteurs ont vécu et travaillé, a conservé tout son cachet: de petites rues pentues qui mènent à l’école communale. Face à celle-ci, dominant la ville, au cœur d’un vaste parc, le musée Camille Claudel, une imposante demeure bourgeoise, aujourd’hui agrandie et percée de belles fenêtres. C’est dans cette maison que la jeune artiste découvre à 12 ans la sculpture. Son père, Louis-Prosper, encourage cette vocation précoce en la confiant à un sculpteur local reconnu, Alfred Boucher. Le musée propose d’ailleurs dès le début du parcours de faire découvrir son travail et cette sculpture du XIXème siècle alors en plein âge d’or. Une suite de salles en montre toute la diversité et fait d’autant plus ressortir la singularité du travail de la jeune femme. Ses prédécesseurs et contemporains se nomment Alfred Boucher, mais aussi Paul Dubois, Jules Desbois ou encore Marius Ramus et bien sûr Auguste Rodin. Ils répondent aux grandes commandes publiques et participent au culte des grands hommes après la terrible défaite de 1870 (« Le souvenir » de Paul Dubois commémore par exemple l’annexion de la Lorraine et de l’Alsace, représentée par deux jeunes filles en deuil). Les sculpteurs du XIXème siècle célèbrent aussi l’avènement de la science triomphante (Louis Pasteur) ou le roman national avec ses grandes figures historiques (l’impressionnante « Statue équestre de Jeanne d’Arc » de Paul Dubois). Mais ils produisent aussi des œuvres pour les particuliers : de délicats biscuits en porcelaine de Sèvres et des petits bronzes animaliers complètent la visite.

     

    Camille Claudel a enfin son musée

    La valse

     

    Rien de tout ceci chez Camille Claudel dont le style très libre ne passe pas inaperçu! À Paris, elle suit les cours d’Alfred Boucher mais ce dernier doit bientôt partir à Rome. Il demande en 1882 à Auguste Rodin de lui succéder. Le sculpteur de 42 ans saisit immédiatement le potentiel artistique de la jeune fille : elle sait déjà mêler sens du mouvement et puissance créatrice. Comme Auguste Rodin, Camille sculpte la vie, l’amour, l’émoi, la sensualité d’une valse, la décrépitude des corps. Il suffit de regarder les quarante pièces réunies au musée : de sa première œuvre présentée officiellement « La Vieille Hélène » jusqu’à « Persée et la Gorgone », dernière sculpture monumentale réalisée avant son internement en 1913, la sculptrice taille dans la pierre, le marbre avec une virtuosité sidérante. Dans l’une des salles consacrée à la famille Claudel, (quatorze bustes nous font face), le visiteur distingue même les violents coups de ciseaux des cheveux et de la barbe du bronze d’Auguste Rodin ! Une autre salle résume parfaitement le travail de Camille Claudel : quatre versions en bronze et plâtre de « La Valse » (photo) sont exposées sur un socle ovale autour duquel le visiteur peut tourner. Il entre lui aussi dans le rythme de la danse enivrante de ce couple déséquilibré qui semble flotter dans l’espace. 

     

     

    Camille Claudel a enfin son musée

    Les Causeuses



    Si ce thème l'a rendu très célèbre, Camille Claudel a aussi réalisé d'étonnantes petites scènes de genre assez surprenantes qui eurent beaucoup de succès. Ces « Causeuses » (photo) si naturalistes mettent en avant l'intimité féminine : assises en rond, un groupe de femmes murmure. Un travail qu'elle présenta à son frère Paul en lui disant « tu vois que ce n'est plus du tout du Rodin ». 

    http://www.museecamilleclaudel.fr/ 

     Article paru dans Notre Temps

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :