• Où l’on découvre que la liberté peut entrer dans des tubes.

     

    Aujourd’hui, si un artiste veut peindre en pleine campagne, pas de problème. Une fois installé, il lui suffit d’ouvrir un tube de peinture : elle en sort directement, toute prête. Puis il referme le bouchon pour que la peinture ne sèche pas.

    Cela paraît si évident qu’il est difficile d’imaginer comment les peintres se débrouillaient avant.

     

    Des vessies bien pleines

    John Singer Sargent, Une Étude à l’extérieur, 1889, huile sur toile, 65 x 80 cm, Brooklyn Museum, New York

     

    Car avant cette invention, c’était une autre paire de manches ! Revenons au début du XIXe siècle. Bien souvent, les artistes achètent la peinture à un marchand de couleur : pour la conserver et l’empêcher de sécher, il n’existe pas de tubes en métal.

    La peinture est donc traditionnellement conservée dans… des vessies de porc !

     

    Des vessies bien pleines

    Deux vessies à peinture © Lefranc & Bourgeois

     

    Cette petite poche est ensuite scellée, il faut la percer pour faire sortir la peinture.
    Grâce à cela, le peintre anglais Constable peut transporter la peinture hors de l’atelier pour aller peindre les nuages. Mais ce système est peu pratique et l’étanchéité laisse à désirer.

     

    Des vessies bien pleines
    Boite des vessies à peinture du peintre Constable, 1837 © Tate

     

    Heureusement, avec le développement de la technologie du métal, les choses changent.
    En 1841, le peintre américain John Goffe Rand imagine un petit cylindre en étain, fermé à une extrémité. Grâce à une pince, on peut déplier et replier l’ouverture. Si le procédé est plus étanche, il n’est toujours pas très pratique…

     

    Des vessies bien pleines

    Paul Cézanne, Montagne Sainte-Victoire et le viaduc de la vallée de l’Arc, 1882-1885, huile sur toile, 65 x 81 cm, Metropolitan Museum of Art, New York

     

    Heureusement, avec le développement de la technologie du métal, les choses changent.

    En 1841, le peintre américain John Goffe Rand imagine un petit cylindre en étain, fermé à une extrémité. Grâce à une pince, on peut déplier et replier l’ouverture. Si le procédé est plus étanche, il n’est toujours pas très pratique…

     

    Des vessies bien pleines

    John Goffe Rand, Les premiers tubes de peinture et la pince pour les refermer, 1841 © Lefranc & Bourgeois

     

    Différents fabricants tentent d’améliorer l’invention. Il faut attendre 1865 pour que la maison Lefranc mette au point un système de bouchon à pas de vis parfaitement hermétique. Depuis, la forme du tube n’a pas bougé !

     

    Des vessies bien pleines

    Vieux tubes de peinture avec un bouchon à pas de vis © Lefranc & Bourgeois

     

    La maison Lefranc existe toujours ! Elle est aujourd'hui connue sous le nom de Lefranc et Bourgeois. Depuis 1720, l’entreprise imprime  sa marque dans l’histoire de l’art.

    À l’écoute des artistes, ses chimistes mettent au point de nouvelles couleurs lumineuses et durables. C’est aussi grâce à eux qu’existe le fameux tube de peinture hermétique !

     

    Des vessies bien pleines

    Maison A.Lefranc, Quelques exemples de tubes de peinture © Lefranc & Bourgeois

    Article paru dans Artips


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