• Dian Fossey a consacré sa vie entière à la protection des gorilles

    Auteure du livre best-seller « Gorilles Dans La Brume », Dian Fossey était une chercheuse américaine qui se faisait l’ardente défenseur de la cause des gorilles, mais son combat et ses nombreux efforts pour mettre un terme au braconnage sévissant au Rwanda ont fini par lui coûter la vie. Retour sur son histoire tragique.

    En 1963, l’ergothérapeute Dian Fossey décide de quitter sa Californie natale pour vivre une folle aventure. Après avoir emprunté de l’argent à un proche, elle décide de se rendre en Afrique et visite durant sept semaines diverses réserves naturelles du Kenya, de la Tanzanie, du Congo et de la Rhodésie.

    Alors qu’elle se trouve à proximité des gorges d’Olduvai en Tanzanie, elle fait la connaissance des archéologues Louis et Mary Leakey. Plusieurs années auparavant, Louis a mis sur pied une opération scientifique visant à étudier les primates dans l’espoir de mieux comprendre l’évolution humaine.

    Dans le cadre de son ambitieux projet, Leakey a notamment envoyé la jeune et ambitieuse Jane Goodall dans les jungles du parc national de Gombe Stream en Tanzanie pour qu’elle y étudie les chimpanzés, et est sur le point d’envoyer la primatologue Birute Galdikas à Bornéo pour en apprendre plus sur les orangs-outans.

     

    Dian Fossey a consacré sa vie entière à la protection des gorilles

    La chercheuse va consacrer plus de 20 ans de sa vie à l’étude approfondie des gorilles de montagne

     

    Lorsqu’il rencontre Fossey, il sait qu’il tient la femme idéale pour compléter son trio de recherche, qu’il surnomme affectueusement « The Trimates ». En effet, avant de devenir ergothérapeute, cette dernière avait entrepris des études vétérinaires, et Louis Leakey va tout faire pour la convaincre d’étudier les gorilles au Congo.

     

    Dian Fossey a consacré sa vie entière à la protection des gorilles

    Dian Fossey étudie notamment la physiologie et le comportement des gorilles de montagne

     

    Bien qu’elle soit retournée aux États-Unis à l’issue de ses sept semaines de voyage, le destin de Dian Fossey semble irrémédiablement lié à celui de Leakey. Trois ans après leur première rencontre, leurs routes se croisent à nouveau, et l’archéologue parvient cette fois à la convaincre de se consacrer à l’étude des grands singes.

    Durant les huit longs mois nécessaires à l’obtention de son visa, Dian Fossey étudie le swahili et suit des cours de primatologie, afin de se préparer au mieux à la grande aventure qui l’attend. Elle s’envole finalement pour le Congo en 1966.

    Au volant de son Land Rover qu’elle surnomme affectueusement « Lily », Fossey se rend tout d’abord au centre de recherche de Gombe Stream afin de faire la connaissance de Jane Goodall. Là-bas, elle observe attentivement ses méthodes de recherche et apprend également à reconnaître les traces laissées par les gorilles.

    En 1967, elle obtient les autorisations nécessaires pour travailler dans les Virunga, où vivent les gorilles de montagne. À cette époque, cette région escarpée du Congo s’avère particulièrement instable, et Fossey et son équipe sont arrêtés et détenus plusieurs fois durant leur séjour, avant d’être conduits à l’ambassade des États-Unis à Nairobi.

    Les choses finissent par évoluer positivement lorsque Fossey fait la connaissance d’un expatrié américain qui facilite l’installation de leur campement du côté rwandais des Virunga. Bien qu’encore dangereuse, la zone s’avère propice à l’étude des gorilles, et Fossey y fonde le centre de recherche Karisoke sur les contreforts du Mont Bisoke.

    Au cours des années qui suivent, Dian et son équipe redoublent d’efforts pour étudier les gorilles des Virunga rwandais, qui, à la différence de leurs homologues du Congo, n’ont jamais été approchés par les humains et les considèrent par conséquent comme une menace.

    En raison des difficiles conditions dans lesquelles ils travaillent, plusieurs assistants de Dian Fossey quittent l’aventure, mais cette dernière tient bon, ce qui lui vaut d’être surnommée Nyirmachabelli, signifiant « la femme qui vit seule dans les montagnes », par les habitants de la région.

    Au fur et à mesure que sa relation avec les gorilles s’approfondit, Fossey prend également conscience du terrible danger qui les guette. Ceux-ci sont en effet décimés par le braconnage (il n’est pas rare que cinq à dix individus soient tués dans la même journée), ce qui pousse la chercheuse à mettre en place des patrouilles pour retirer les pièges et porter secours aux singes blessés.

    Délaissant peu à peu ses études scientifiques pour se consacrer à la préservation des gorilles, Fossey écrit à l’African Wildlife Foundation et au réseau des parcs nationaux rwandais pour les encourager à mettre un terme au braconnage.

    Publié en 1983, son livre « Gorilles Dans La Brume » devient rapidement un best-seller (adapté en 1988 sur grand écran avec Sigourney Weaver dans le rôle de la chercheuse) qui contribue à sensibiliser l’Occident au difficile combat que mène Fossey pour protéger les gorilles des Virunga et fait d’elle une figure internationale de la lutte contre le braconnage.

    Deux ans plus tard, le corps sans vie de Dian Fossey est découvert dans la petite cabane qu’elle occupe dans les montagnes. Elle a vraisemblablement été tuée de plusieurs coups de machette pendant la nuit, et plusieurs suspects sont rapidement appréhendés. Outre les braconniers, on retrouve parmi eux Wayne McGuire, l’assistant de Fossey, que l’on soupçonne d’avoir voulu voler les recherches de la primatologue.

     

    Dian Fossey a consacré sa vie entière à la protection des gorilles

    La tombe de Dian Fossey (on retrouve au second celles de plusieurs gorilles)

     

    Aucun traité d’extradition n’existant entre le Rwanda et les États-Unis, McGuire, condamné par contumace par les tribunaux locaux pour le meurtre de Dian Fossey, ne purgera jamais sa peine. Aujourd’hui encore, en l’absence d’enquêtes plus approfondies, l’affaire n’a toujours pas été officiellement élucidée. Dian Fossey repose à Karisoke, dans le cimetière de fortune qu’elle avait construit pour les primates auxquels elle avait dédié sa vie.

     

    Article paru dans Daily Geek Show

     


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