• L'amazone

    L'amazone 


     Tarenorerer, de la tribu Tommeginer, naît aux environs de 1800 près d'Emu Bay, au Nord de la Tasmanie. Quand sa poitrine devient assez rebondie, elle est vendue à des chasseurs de phoques blancs, dans le détroit de Bass, qui sépare l'Australie de la Tasmanie. À leur contact, elle apprend l'anglais, le maniement des armes et la rancœur.

    En 1828, Tarenorerer retourne chez elle et décide de rassembler des hommes et des femmes pour mener ce qui sera la plus grande révolte aborigène. Ayant consciencieusement étudié les techniques de combat des colons, elle apprend à ces guerriers improvisés à manier les armes à feu et à frapper l'ennemi occupé à recharger son arme. La jeune aborigène n'est pas du genre à agir sans réfléchir et sait pertinemment que les colons sont supérieurs en force et en nombre, elle veut les frapper là où cela leur fera le plus mal. La chef de rébellion se lance alors dans une guérilla stratégique. Elle ordonne à ses troupes de tuer le bétail des colons et de brûler leurs plantations. La Black War éclate : les bergers tuent des Aborigènes en représailles de la perte de leur bétail et les rebelles répliquent, toujours plus déterminés. Le conflit sanguinaire, parfois qualifié de génocide, a entraîné la disparition d'une grande partie des Aborigènes de Tasmanie.

    George Augustus Robinson, prêcheur britannique alors missionné comme médiateur entre les colons et les Aborigènes, part à la recherche de Tarenorerer, la sauvage responsable de ce massacre, mais celle-ci lui échappe à chaque fois.

    Ironie du sort, ce sont des chasseurs de phoques qui la capturent et l'emmènent sur l'île Hunter. Elle passe plusieurs mois au service des colons sous l'identité de Mary Anne. Mais sa servitude nourrit et renforce sa colère. En décembre 1830, elle projette de tuer plusieurs chasseurs de phoque, mais son plan tout comme son identité sont découverts. Robinson se réjouit de cette capture et isole celle qu'il nomme « l'amazone », de peur qu'elle n'incite d'autres à la révolte. Refusant tout soin, Tarenorerer mourra de la grippe le 5 juin 1831 dans un cachot.


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