• L’île disparue de Paris

     

    Aujourd’hui, la ville de Paris ne compte pas moins de deux îles naturelles, l’île de la Cité et l’île Saint-Louis, auxquelles s’ajoute une île artificielle : l’île aux Cygnes. Toutefois, on oublie souvent qu’autrefois, d’autres îles ont existé au sein de la capitale. Parmi elles, l’île Louviers dont on se propose de retracer l’histoire dans cet article…

     

    L’île disparue de Paris


     

    De l’île aux Javiaux à l’île Louviers

    En amont de l’île Saint-Louis, entre le quai Henri IV et le boulevard Morland, l’île aux Javiaux était une sorte d’amas de sable et de limon (le « javeau »), amenés par la Seine et la Bièvre. Au début du 15ème siècle, elle prend le nom de Nicolas de Louviers, le prévôt des marchands (dont la fonction était proche de celle d’un maire aujourd’hui), qui en avait la jouissance.

     

    L’île disparue de Paris
     Ancien plan de l’île Notre-Dame (actuelle île Saint-Louis)

     

    L’entrepôt des marchands de bois

    Lorsque la Ville de Paris la rachète en 1700, l’île Louviers est simplement couverte de pâturages. On décide alors de la louer à des marchands de bois qui s’en serviront comme lieu de stockage. Les Frères Savary nous en donnent un aperçu dans le « Dictionnaire universel de Commerce » (1750) :

    « Les marchands de bois – outre les chantiers attenant leurs maisons, qu’ils ont en plusieurs lieux de la Ville de Paris, pour les bois légers -, ont aussi un lieu au-dessous de l’Arsenal, au bout du quai des Célestins, où ils font aborder et gardent les bois carrés trop pesants et trop incommodes pour être transportés ; comme sont les poutres, poutrelles, poinçons, pannes, chevrons, sablières, etc. Ce lieu s’appelle L’Île Louviers. On y entre par un pont de bois, qui porte, d’un bout, sur le bas du quai des Célestins et, de l’autre, sur l’île. » 

     

    L’île disparue de Paris
     Île Louviers, Plan de Jaillot, 1775.

     

    Une île aujourd’hui disparue

    Dans les années 1840, sur ordre du roi Louis Philippe, le bras de la Seine qui sépare l’île Louviers de la rive droite est comblé et le pont de Grammont qui les reliait est détruit. On peut néanmoins le découvrir dans un tableau d’Antoine Perrot, situé au musée Carnavalet. Quant à l’île elle-même, on devine ses contours sur les vues aériennes de Paris !

     

    L’île disparue de Paris
     Détail du tableau d’Antoine Perrot : vue de l’île Louviers ; effet de neige (1830), Musée Carnavalet.

     Article paru dans PARIS ZIGZAG


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