• La guerre est déclarée

    La guerre est déclarée

    Rien ne semble arrêter la propagation de cette espèce invasive venue d'Orient, qui décime les ruchers et inquiète le quidam. Mais les scientifiques non pas dit leur dernier mot...

    Leurs gigantesques nids ont déjà colonisé plus de 60% de notre territoire, en dix années de présence avérée. Le Vespa velutina, ou frelon à pattes jaunes, est devenu la bête noire des apiculteurs, car 50 à 60% de son menu est composé d'abeilles domestiques. S'il représente à cet égard un problème économique, il impacte aussi la biodiversité en tant que prédateur de nombreux insectes. Et pose un problème de santé publique, puisqu'il est responsable d'un certain nombre de décès. Des pièges artisanaux ou industriels ont été mis au point, mais leur efficacité est toute relative, comme l'explique Éric Darrouzet, enseignant-chercheur à la faculté des sciences de l'université de Tours : « Certains pièges sont très efficaces, mais aucun n'est sélectif. C'est-à-dire qu'ils capturent aussi des frelons européens, des guêpes, des papillons, etc. C'est dommage collatéraux ont un réel impact sur la biodiversité ».

    Un ciblage parfait

    Face à ce constat, le spécialiste s'est vu confier il y a trois ans le « projet frelon » : financé par la région Centre, il porte sur l'étude de la biologie et l'écologie de l'espèce et a pour but de mettre au point un piège ne nuisant pas aux autres animaux. Mission d'ores et déjà accomplie par l'équipe de chercheurs. « Nous avons travaillé sur l'architecture du piège. Notre neuvième prototype s'avère 100% sélectif. Il est encore en période de test, mais devrait être mis sur le marché courant ou fin 2015. » Ce dispositif peut-il venir à bout d'une espèce dont l'implantationgéographique est déjà très étendue ? « Ce n'est pas un piège de lutte. Il vise seleument à sécuriser un site, comme un rucher, un place de marché ou une cour d'école. » Est-on prêt trop trad ? Éric Darrouzet ne se montre pas si pessimiste : « Le Vespa Velutina est arrivé en Europe vierge de tous ces virus, parasites et prédateurs naturels. Mais la nature finit par trouver des mécanisme de défense. Par exemple, nous avons identifié un parasite qui entraîne la mort des reines et donc de la colonie. On peut imaginer son utilisation dans le cadre d'une lutte biologique, mais cette étude va nous prendre plusieurs années. » L'équipe planche également sur un procédé qui pourrait s'avérer diablement efficace : utiliser les phéromones sexuelles du frelon asiatique pour capturer les reproducteurs. Et ainsi décimer l'espèce ?


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