• La Rose blanche

    La Rose blanche

    Ce mouvement de résistance au nazisme fut crée au printemps 1942 par Hans Scholl et Alexander Schmorell, deux étudiants en médecine à l'université de Munich qui combattaient clandestinement le régime hitlérien. Dénoncés et arrêtés par la Gestapo en 1943, ils furent condamnés à mort pour haute trahison par la cour de justice populaire.

    Hans Scholl et sa sœur Sophie sont de tout jeunes adolescents quand Hitler arrive au pouvoir. Embrigadés dans le mouvement des jeunesses hitlériennes, ils vont progressivement ouvrir les yeux sur la nature criminelle du nazisme et s'engager dans un combat qui leur sera fatal et fera d'eux des martyrs. Déterminée par le christianisme de leur père et la lecture de Saint Augustin, leur prise de conscience va être précoce et ne fera que se renforcer. Dès le début de la guerre, ils sont au fait de la nature liberticide du régime national socialiste. Mais c'est au printemps 1942, juste avant son départ comme infirmier sur le front de l'est que Hans Scholl, étudiant en médecine à l'université de Munich, fonde avec un autre étudiant, Alexander Schmorell, le mouvement clandestin la Rose blanche. Parmi ceux qui les rejoignent, se trouve un intellectuel de renom, le professeur de philosophie Kurt Huber qui les encourage dans leur combat. Les références philosophiques et morales de ces opposants qui sont en majorité d'obédience chrétienne peuvent être diverses, de Lao Tseu au grand poète romantique Novalis en passant par Aristote, Saint Augustin ou Goethe, mais toutes convergent dans le refus de l'avilissement totalitaire et de la barbarie. Étudiante en biologie et en philosophie, la jeune sœur de Hans, Sophie, qui n'a que 21 ans, participe aux réunions du mouvement et à ses premières actions. Dans un premier temps, les étudiants envoient par la poste les tracts qu'ils ont rédigés à des universitaires, des médecins, des directeurs d'écoles, chargés de les dupliquer. Dans ces documents intitulés Lettre de la Rose blanche, les étudiants appellent à la révolte contre la dictature d'Hitler et à l'éveil des consciences du peuple allemand. La prudence et la ruse sont de mise car toute dénonciation ou flagrant délit sera passible de la peine de mort. Les quatre premiers tracts de La Rose blanche seront diffusés à une centaine d'exemplaires seulement. Aussi modeste soit-il, ce mouvement de résistance prend de l'ampleur au fur et à mesure que les membres prennent des risques. Les étudiants décident de transporter eux-mêmes les tracts par le train pour les diffuser ici et là afin que les habitants des autres villes se joignent à eux. Par ailleurs, ils établissent des patrouilles nocturnes pour inscrire sur les murs des messages pacifistes et antinazis.

    Le 18 février 1943, lors de la diffusion du sixième tract, près de 9000 exemplaires sont imprimés. Hans et Sophie déposent une pile de tracts au sein de l'université de Munich et en lancent une partie du deuxième étage, par-dessus la balustrade donnant sur la cour centrale. « Nous nous dressons contre l'asservissement de l'Europe par le national-socialisme, dans une affirmation nouvelle de liberté et d'honneur » écrivaient les membres de la Rose blanche dans leur dernier tract publié en 1943. Le concierge repère les deux étudiants et les dénonce immédiatement à la Gestapo. Arrêtés sur le champ et ne pouvant nier les faits, Hans et Sophie sont déparés, enfermés en prison et interrogés jour et nuit. Ils se déclarent responsables de tout afin de protéger les autres membres du groupe. Quelques jours plus tard, ils sont jugés par le tribunal du peuple, présidé par Roland Freisler, qui décide de les humilier pour que le jugement serve d'exemple. Au cours du procès, beaucoup ont été marqués par la détermination et le courage des jeunes étudiants, en particulier par le calme et la lucidité de Sophie, qui déclara lors de l'audience « ce que nous avons dit ou écrit, beaucoup de gens le pense. Mais ils n'osent pas l'exprimer ». Ils sont condamnés à mort pour « haute trahison et incitation à la haute trahison » et guillotinés le jour même. D'autres résistants de la Rose blanche seront arrêtés et condamnés à mort quelques mois plus tard. Ces actions clandestines demeurent une des rares tentatives de résistance de la jeunesse face au nazisme. Un mémorial a été érigé en leur mémoire sur la place de l'université de Munich, renommée la place Scholl. Par ailleurs, un prix littéraire « frère et sœur Scholl » a été créé en 1990 pour récompenser les jeunes écrivains qui célèbrent la liberté et tentent de responsabiliser les consciences, tout comme le faisaient à leur époque Hans, Sophie, et leurs amis.

    Article paru dans Les Chemins de la Mémoire


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