• Nus comme des vers

      Où l'on cache des corps que l'on ne saurait voir.

     

    1802, Beaune. Les religieuses d’un hospice descendent du grenier une précieuse œuvre d’art. Elle était cachée là depuis quelques années, pour la protéger des destructions révolutionnaires. Mais à peine sortie des cartons, l’œuvre choque les religieuses…

     

    Nus comme des vers

    Rogier van der Weyden, Le Jugement dernier, 1443-1452, huile sur bois, 220 x 548 cm, Hospices de Beaune. Retable fermé Voir en grand

     

    Il s’agit pourtant d’un chef-d’œuvre du XVème siècle peint par le grand Rogier van der Weyden. C’est un impressionnant polyptyque, un ensemble de plusieurs panneaux de bois, qui représente le Jugement dernier.

     

    Nus comme des vers

    Rogier van der Weyden, Le Jugement dernier, 1443-1452, huile sur bois, 220 x 548 cm, Hospices de Beaune. Retable ouvert Voir en grand

     

    Le tout fait deux mètres de haut sur plus de cinq mètres de large. Comme des volets, les panneaux étaient ouverts les dimanches et jours de fête pour révéler l’image du Christ et de l’archange Saint-Michel jugeant les âmes. Selon ce jugement, les humains sont élus ou damnés, envoyés au paradis ou en enfer. Ce sont ces jugés qui choquent les religieuses…

     

    Nus comme des vers

    Détail de l'œuvre Voir en grand

     

    Parce qu’ils sont nus comme des vers ! Jusque-là, cela n’avait chagriné personne, mais les religieuses ne veulent pas laisser ces nudités à la vue de tous. Elles souhaitent que les jugés soient rhabillés.

     

    Nus comme des vers

    Détail de l'œuvre Voir en grand

     

    C’est un artiste local qui s’en charge. Il recouvre les élus d’une tunique tandis que les damnés sont pudiquement masqués par des flammes. Heureusement, le peintre est prudent : conscient de la valeur de l’œuvre, il prend soin de recouvrir les figures originales d’un vernis protecteur avant de faire ses modifications. Cette sage précaution permet aux restaurateurs, quelques décennies plus tard, de retirer facilement ces repeints sans craindre d’abîmer la peinture du XVème siècle. Et voilà les jugés aussi nus qu’au premier jour !

     

    Nus comme des vers

    Détail de l'œuvre Voir en grand

     

    Nus comme des vers

    Hans Memling, Le Jugement dernier, 1466-1473, huile sur bois, Musée national de Gdańsk Voir en grand

     

    Pour en savoir plus :

    http://hospices-de-beaune.com/jugement-dernier/

     

    Article paru dans Artips

     


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