•  Sur les pas de Marcel Pagnol

    Marcel Pagnol en 1931 

     

    A l'occasion des 120 ans de sa naissance, voyages sur les traces de l'écrivain en Provence, dont les paysages et les parfums imprègnent l'œuvre.

    Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. Dans l'incipit de La Gloire de mon père, comme dans l'ensemble de sa production littéraire, théâtrale et cinématographique, Marcel Pagnol témoigne de son amour pour la Provence, où il a vu le jour il y a cent vingt ans. Une affection réciproque. Pour célébrer l'anniversaire de sa naissance, ce pays de Cocagne qu'il chérissait lui rend hommage au travers de multiples manifestations. Du massif du Garlaban au château de La Buzine en passant par le village de La Treille, petite balade sur les traces de l'académicien et de ses plus gros succès.

    La maison natale

    Le 28 février 1895, le petit Marcel, fils de Joseph, instituteur, et d'Augustine, couturière, pousse son premier cri dans cet immeuble cossu du 16, cours Barthélémy, à Aubagne. Il en part deux ans plus tard. Joseph étant muté à Marseille. Aujourd'hui ouverte au public, la maison, dont l'intérieur est reconstitué, offre à voir des portraits de la famille Pagnol, des lettres manuscrites...

     

    Sur les pas de Marcel Pagnol

    La cuisine de la maison natale

    La Bastide Neuve

    Marcel a 9 ans quand, pour la première fois, il va en vacances, avec son frère Paul, ses parents, sa tante Rose et son truculent oncle Jules dans sa résidence d'été. « Ainsi commencèrent les plus beaux jours de ma vie. La maison s'appelait La Bastide Neuve, mais elle était neuve depuis longtemps », se souvient-il dans La Gloire de mon père. Et, ô miracle, dans ce pays de sécheresse, elle a l'eau courante ! Une merveille qui va abriter les rêves et les projets de toute la famille durant les congés, racontés dans les trois tomes de Souvenirs d'enfance. Une expédition est nécessaire pour gagner cet eldorado, situé au lieu-dit des Bellons, après le village de La Treille, au cœur de la garrigue : tramway, puis long trajet pédestre sur les sentiers serpentant à travers les collines. « Au pied des murs, une bordure d'herbes folles et de ronces prouvait que le zèle du cantonnier était moins large que le chemin. » Si La Bastide Neuve appartient aujourd’hui à des particuliers, une plaque témoigne de son illustre passé, tout comme le robinet en cuivre accroché à la citerne...

    Le massif du Garlaban

    « Nous sortîmes du village : alors commença la féerie et je sentis naître un amour qui devait durer toute ma vie (…). Un immense paysage en demi-cercle montait devant moi jusqu'au ciel : de noires pinèdes, séparées par les vallons, allaient mourir comme des vagues au pied de trois sommets rocheux. » Entre Marcel et ses chères collines, le coup de foudre est immédiat. Et comme il décrit dans Souvenirs d'enfance, la passion ne cesse ensuite de grandir au fil de ses escapades avec son ami Lili des Belons, tous deux ivres des senteurs et des mystères de la garrigue. A tel point, devenu cinéaste. Marcel Pagnol y achète, en 1934, un domaine de 24 hectares pour en faire son « Hollywood provençal ». Il y tournera quelques-uns de ses plus gros succès, parmi lesquels Angèle (1934), Regain (1937) et Manon des sources (1952).

    Le village de La Treille

    Lors des grandes vacances, la famille Pagnol s'approvisionne dans ce village, qui a donné son nom au XIème arrondissement de Marseille. Un lieu cher à l'écrivain (qui y est d'ailleurs enterré). Et pour cause : c'est sur sa place que le petit Marcel, le cœur gonflé de fierté, se fait photographier aux côté de son père, heureux chasseur des bartavelles, ces insaisissables perdrix des montagnes. C'est aussi dans ce village que se trouve la fameuse fontaine de Manon des sources, qui se tarit au fil de l'intrigue.

     

    Sur les pas de Marcel Pagnol

    Le cimetière de La Treille

    Le château de La Buzine

    En 1941, sans même l'avoir vu, Marcel Pagnol achète ce manoir au bord du canal de Marseille, dans l'idée d'en faire une cité du cinéma. Ce n'est qu'en le visitant, une semaine plus tard, qu'il le reconnaît : Il s'agit du château qui effrayait sa mère quand la famille traversait clandestinement la propriété pour rejoindre La Bastide Neuve.Un jour, augustine s'est même évanouie alors qu'un garde les y surprenait.Pour l'académicien, l'édifice reste « le château de ma mère », et donnera son titre au deuxième tome des Souvenirs d'enfance. Inscrit à l'Inventaire des Monuments historiques en 1996, il abrite aujourd'hui une salle de cinéma et des expositions.

    La Grotte du Plantier dite la Grotte de Manon

    Dominant le vallon des Piches, cette caverne voit se tourner certaines scènes célèbres de Manon des sources, réalisé en 1952 par Marcel Pagnol. Sur le toit de la crypte, Ugolin lance son déchirant « Manon, je t'aime ». Juste au-dessus se trouve la grotte du cerf, où l'écrivain fait construire une petite vasque pour recueillir l'eau de source. Sur les bords de ce bassin, on peut encore voir les empreintes des mains de Pagnol et d'Orane Demazis, sa compagne de 1925 à 1938.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique