•  La Côte d’Ivoire est le principal producteur de cacao sur la planète, puisqu’il produit 40 % du cacao mondial. Ce chocolat est donc consommé dans le monde entier. Mais cette semaine, une nouvelle étude publiée par Mighty Earth, une ONG internationale, dénonce qu’une grande partie de ce cacao est produit de manière illégale, au sein d’espaces naturels protégés, au profit de marques très connues.

     

    Une étude écrasante

    Le chocolat que vous consommez habituellement a peut-être pour origine des exploitations illégales. Mighty Earth a mené une large enquête qui expose, une fois encore, la face obscure du cacao, depuis la Côte d’Ivoire, principal pays producteur, jusqu’aux grandes marques que nous connaissons. Nous avions déjà relaté des faits similaires dans un précédent article, en décembre 2016 (Je vous engage à lire cet article édifiant : En mangeant votre chocolat préféré, vous participez à l’exploitation de plus de 2 millions d’enfants). 

    Elle dénonce ainsi qu’une partie du cacao consommé dans le monde provient des forêts et des parcs protégés en Côte d’Ivoire, dans des zones où toutes ces plantations sont, en principe, interdites. Pourtant, certains de ces espaces seraient aujourd’hui occupés jusqu’à 90 % par des plantations en toute opacité.

     

    Quand vous mangez du chocolat, vous détruisez des forêts

    Un producteur de cacao

     

    Un désastre écologique

    En Côte d’Ivoire, la déforestation a chassé les chimpanzés qui vivent aujourd’hui dans des petites poches de forêts. Ce phénomène a aussi contribué à réduire drastiquement la population d’éléphants à 200-400 spécimens, quand ce pays pouvait se « vanter » jadis d’en compter plusieurs dizaines de milliers.

    Avec des forêts d’Afrique de l’Ouest au bord de l’épuisement, il a bien fallu trouver d’autres endroits. Ainsi, le secteur du chocolat a commencé à étendre son modèle – non durable – à d’autres régions tropicales humides comme l’Amazonie, le bassin du Congo et les forêts paradisiaques d’Asie du Sud-Est. La catastrophe environnementale va donc se poursuivre.

     

    « 85 % des forêts ivoiriennes ont disparu entre 1990 et 2015 »

    Il a été calculé qu’une barre de chocolat noir fabriquée avec du cacao provenant de terres défrichées possède la même empreinte carbone qu’un trajet de près de 8 km en voiture. Un impact démesuré pour un encas.

     

    Quand vous mangez du chocolat, vous détruisez des forêts

     

    Les grandes marques du chocolat dans le viseur

    Une fois le stade des « coopératives locales » passé, le cacao est vendu à différents géants de l’agro-alimentaire comme Olam, Cargill et Barry Callebaut, qui sont les fournisseurs des plus grandes marques de chocolat au monde dont Ferrero, Lindt, Nestlé ou encore Cadbury. Ces multinationales représentent l’essentiel du chocolat vendu dans le monde.

    Cette production/distribution sur différents niveaux porte le trouble sur la responsabilité de chacun dans cette affaire. Mais au final, ce sont les grandes marques qui choisissent de se fournir auprès de ces fournisseurs et les consommateurs de manger leurs produits.

     

    « Presque à chaque fois que vous mordez dans une barre de chocolat, vous tombez sur du cacao qui provoque la destruction de parcs nationaux en Côte d’Ivoire »

     

    C’est très logiquement que, face à la réalité du terrain, « l’industrie du chocolat a fermé les yeux ». Des propos dénoncés par Estelle Higonnet, auteur de l’enquête. Une indifférence due à un probable maintien des prix bas pour le consommateur.

    Est-ce à ces prix-là, au prix d’un mode de production non durable et non raisonné, que nous voulons consommer notre chocolat ?

     

    Quand vous mangez du chocolat, vous détruisez des forêts

    Article paru dans Daily Geek Show


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  • Cet édifice millénaire bâti sur le flanc d’une montagne turque

    La Turquie a beaucoup de richesses à offrir, de ses nombreux paysages à ses cultures diverses. Mais son patrimoine historique n’est pas en reste, comme l’illustre l’une des constructions les plus impressionnantes du pays : le monastère de Sumela.  

    Situé dans la province de Trabzon, en Turquie, le monastère de Sumela est l’attraction majeure du parc national d’Altindere. Car au-delà d’être un symbole de l’Eglise orthodoxe, l’édifice est surtout un bijou d’architecture et un symbole du savoir-faire humain.

     

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

     

    Le monastère est situé à environ 1200 mètres d’altitude, et construit à flanc de montagne. Sa construction, elle, remonte au IVème siècle, ce qui le rend plus impressionnant encore. Selon la tradition locale, il aurait été fondé en 386 par deux moines grecs : Barnabas et Sophonius. Les deux hommes auraient découvert une icône de la Vierge Marie dans une caverne sur la montagne et auraient décidé d’y construire un monastère.

    Plusieurs fois ruiné puis rénové, l’édifice prit sa forme actuelle au XIIIème siècle, puis fut abandonné en 1923, à la suite des échanges de populations entre la Grèce et la Turquie après le traité de Lausanne. Tombé en ruine par la suite, il commence à être reconstruit en 2000 par le gouvernement turc et devient une attraction touristique majeure.

     

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

     

    L’endroit est particulièrement beau, en raison de sa situation, mais aussi de son architecture. Egalement, les fresques qui se trouvent à l’intérieur du bâtiment lui octroient une dimension religieuse, voire mystique, et attirent les touristes du monde entier.

     

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

    Contemplez la magnificence du monastère de Sumela

     

    Cet endroit est absolument incroyable. Par sa localisation et son architecture, mais aussi par son histoire. On a ainsi du mal à imaginer qu’un bâtiment construit il y a si longtemps ait finalement pu résister aux ravages du temps ou des guerres. Quel sentiment vous procure la contemplation d’un lieu si magnifique construit il y a si longtemps ?

    Article paru dans Daily Geek Show


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  • Une équipe de scientifiques est l’auteure d’une prouesse technologique sans précédent. Ils sont parvenus à livrer une dizaine d’échantillons de sang par les airs, à travers 257 km de désert américain. Un exploit rendu possible grâce aux drones, toujours plus performants. 

    La campagne en 4G ?

    La vie à la campagne c’est bien, la vie en ville c’est mal m’voyez. Cette vision binaire compose un pan essentiel de l’imaginaire collectif américain. Une idée reçue « étayée » par une armée de films et téléfilms tous élaborés sur le même scénario : un/e père/mère célibataire, trop absorbé/e par son travail pour s’occuper de ses enfants, se retrouve contraint/e de s’exiler dans une charmante ville de campagne pour X motif ; et y rencontre l’âme sœur, celui/celle qui lui ouvrira les yeux sur le vrai sens de la famille. Sur le papier tout ça a l’air bien beau, mais la réalité est plus nuancée : moins de commerces, moins d’opportunités professionnelles, et des soins médicaux plus… rudimentaires. Mais pour ces derniers, tout va changer.

    Récupérer ses résultats d’analyse ou se rendre chez le pharmacien relève du parcours du combattant quand on habite en zone rurale. Couvrir des distances de plusieurs dizaines de kilomètres par la route est un calvaire aussi contraignant que fatiguant ; et quand les routes en question se résument à des chemins de terre, des déserts arides ou des forêts tropicales, le trajet s’avère impossible. Une poignée d’audacieuses entreprises y ont vu une aubaine, un marché de niche : le transport de matériel médical par les drones. La compagnie aérienne Zipline a été la première à en percevoir le potentiel : en octobre 2016, leurs drones ont livré des pochettes de sang dans une vingtaine d’établissements du Rwanda ! Une première mondiale de succès qui a conduit au partenariat ZiplineTanzanie pour l’année 2018.

    Extreme flight

    Les espoirs suscités par la compagnie californienne ont inspiré une équipe de chercheurs américains. Rattachés à l’Université Johns Hopkins, ils ont décidé de mener un vol similaire à ceux de Zipline, à quelques différences près. Jusqu’ici, les études réalisées sur les drones porteurs de sang étaient toutes unanimes : les conditions de voyage en drone n’altéraient en rien la qualité du sang. Mais en serait-il de même si les conditions étaient plus extrêmes ? Les appareils de la firme ne dépassent pas les 150 km : celui des universitaires va viser les 250 km. Les drones évoluent dans un climat équatorial : les scientifiques vont expérimenter le désert d’Arizona. Il y en a qui aiment les défis…

    La conception du drone cristallise toutes les craintes de l’équipe. C’est de lui seul que dépendra la réussite ou l’échec de la mission. Une attention toute particulière a donc été consacrée au design de l’appareil. Il en ressort hybride, combinant les caractéristiques d’un hélicoptère – décollage et atterrissage verticaux – et celles d’un planeur – qui augmentent son temps de vol. Alimenté par une batterie intérieure, il dispose aussi d’une glacière sur-mesure, renforcée de mousse rembourrée, pour la cargaison. Le drone est fin prêt pour son voyage, ne manque plus que le sang. Le Docteur Timothy Amukele, professeur assistant en pathologies, a récolté 21 échantillons tous issus de 21 adultes différents. L’expérience peut commencer.

    Un baptême de l’air réussi

    Soucieux de prouver que l’acheminement de sang par les airs représente le futur du transport médical, les chercheurs de Johns Hopkins ont procédé par comparaison. La moitié des échantillons a été envoyée sur le drone, et le second est restée dans une voiture climatisée. Le drone a parcouru 160 miles à travers les contrées désertiques d’Arizona, l’équivalent de 257 km. La glacière fixée à son fuselage a maintenu les pochettes de sang à une température constante de 24 °C, soit 8 °C de moins que la température extérieure.

    A son atterrissage, les scientifiques ont embarqué les échantillons pour les analyser conjointement avec ceux de la voiture. Après une batterie de tests pointilleux – près de 19 incluant le comptage des cellules et la mesure des niveaux de sodium et de CO2 – les scientifiques en ont conclu que la cargaison du drone était arrivée intacte. Seuls deux résultats diffèrent significativement : les niveaux de glucose et de potassium. Mais les chercheurs pensent qu’il s’agit là d’échantillons « voiture », moins bien préservés à cause des 26 °C qui régnaient dans l’habitacle. Ils ont publié les résultats dans l’Americain journal of Clinicat Pathologie.

    La science des drones incarne l’avenir du transport médical. Zipline et l’Université Johns Hopkins nous montrent la voie. Cette innovation technologique pourrait tout aussi bien concerner Michel Topain, habitant d’un petit village de la Creuse, que les sinistrés d’une catastrophe naturelle, les victimes d’un conflit armé… Certes la démocratisation des drones comme livreurs médicaux n’est pas pour tout de suite. Il reste un certain nombre de facteurs à prendre en compte, comme le transport d’un sang plus fragile que celui utilisé dans l’expérience, la sécurité de l’appareil et les conséquences pour les populations alentours s’il venait à s’écraser avec une cargaison de produits chimiques… Les drones spécifiques au transport de matériel médical devront être régulés, et leurs pilotes formés : établir un plan de vol qui évitera au drone tous risques de collision ne s’apprend pas dans les nuages. Beaucoup reste à faire, mais à la vitesse où nous allons, ce n’est qu’une question de mois…

    Ces drones livreurs de sang représentent l’avenir de la médecine

    Article paru dans Daily Geek Show


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  • La civilisation maya est l’une des plus puissantes et ingénieuses qui aient vécu sur Terre. Cependant, on sait encore bien peu de choses sur leur disparition et sur les raisons de l’extinction des Mayas.  

    Lorsque les conquistadors espagnols ont navigué vers l’Amérique centrale en 1517, leur objectif était de vaincre la civilisation autochtone : le peuple maya. Mais sitôt arrivés, les colons ont pu constater que la majeure partie du travail avait déjà été faite et que les imposantes villes érigées par les Mayas avaient déjà été englouties par la jungle environnante. La question de savoir comment ce peuple s’est éteint. Son extinction est l’un des mystères les plus anciens de l’Histoire.

    Bien que leur civilisation ait traversé les siècles et qu’elle ait même réussi à organiser une longue résistance à la domination européenne au moment où les colons espagnols ont débarqué en Amérique centrale, le pouvoir politique et économique qui avait érigé des pyramides emblématiques de la région, et avait en même temps hébergé une population d’environ deux millions de personnes, avait disparu.

    Les premiers sites mayas ont été construits au cours du premier millénaire avant notre ère. Cette civilisation, qui vécut après les Olmèques et avant les Aztèques, atteignit son apogée autour de l’an 600 après J.-C. Ainsi, lors de leurs fouilles, les archéologues ont découvert des milliers d’anciennes cités mayas, dont la plupart sont réparties sur la péninsule du Yucatan, au sud du Mexique, même s’il est probable qu’un grand nombre de ruines mayas se cachent encore sous l’épaisse forêt tropicale de la région.

     

    Découvrez ce qui a mené le peuple maya à son extinction

    Le temple maya de Palenque

     

    Après environ 200 ans d’une étude archéologique intense, la culture maya avait déjà dévoilé plusieurs aspects incroyables de sa civilisation, comme son art et son architecture si particuliers, qui démontrent toute l’étendue des talents de ce peuple. Surtout, les Mayas étaient manifestement très avancés intellectuellement puisqu’ils avaient une bonne compréhension des mathématiques et de l’astronomie, qu’ils ont utilisées pour aligner leurs pyramides et leurs temples avec la précession des planètes et les équinoxes solaires.

     

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     Une pièce d’art maya

     

    Cependant, autour de 850 après J.-C., après des siècles de prospérité et de domination, les Mayas ont commencé à abandonner leurs grandes villes, les unes après les autres. Ainsi, en moins de 200 ans, la population chuta largement, même s’il resterait plus tard quelques foyers de résurgence. Mais outre sa dimension dramatique, l’effondrement de la civilisation maya a également quelque chose d’intrigant, car en dépit de plusieurs décennies d’études, les archéologues n’ont toujours aucune certitude sur les causes de ce dépeuplement massif.

    Comme pour la chute de l’Empire romain, il n’y probablement pas qu’une seule cause à la décadence des Mayas. Mais certains estiment que cette civilisation pourrait avoir été victime d’une catastrophe majeure, une de celles capables d’éradiquer presque tout un peuple. Bien entendu, il existe énormément de théories sur la chute des Mayas, les plus probables se référant à une invasion, à une guerre civile, ou à un effondrement des routes commerciales. Mais au début des années 90, les premiers rapports climatiques de l’Amérique centrale ont été reconstitués, et une théorie est devenue particulièrement populaire : la civilisation maya aurait été décimée par une période de graves changements climatiques.

     

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    Au cours des siècles précédant l’effondrement des Mayas, cette civilisation connut un essor sans précédent lorsque les villes prospérèrent, aidées par des récoltes abondantes. Mais les données climatiques obtenues récemment indiquent qu’à cette époque, l’aire géographique maya bénéficiait de fortes précipitations. En revanche, d’après les mêmes informations, la région fut ravagée par 95 ans de sécheresse à partir de l’an 820. Les chercheurs ont ainsi remarqué que la plupart des principales villes mayas tombèrent entre l’an 850 et l’an 925, coïncidant avec la longue période de sécheresse détectée.

     

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     Quelques codex mayas ont survécu à la conquête espagnole

     

    Une constatation vient tout de même nuancer cette hypothèse : le fait que si beaucoup de villes ont décliné entre 850 et 925, d’autres cités mayas ont tout de même subsisté. Ainsi, les métropoles qui dépérirent au cours des sécheresses du IXe siècle étaient principalement situées dans la partie sud du territoire maya, qui correspond aujourd’hui au Guatemala et au Belize. Dans le nord du Yucatan, en revanche, les villes ne se contentèrent pas de survivre mais commencèrent aussi à prospérer davantage. Dans cette région, se développèrent même un certain nombre de centres urbains, comme Chichén Itzá. Les scientifiques proposèrent plusieurs explications à cette résurgence du nord, qui contraste avec l’effondrement du sud. Et si jusqu’à présent, aucune théorie n’a vraiment prévalu, une nouvelle découverte pourrait permettre d’expliquer ce paradoxe intrigant.

     

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    Une pyramide de Chichén Itzá

     

    Pour les archéologues, établir des dates précises fut particulièrement difficile. Car presque aucun des documents écrits par les Mayas ne survécurent à l’époque coloniale, les Espagnols les ayant brûlés sur ordre des prêtres catholiques. Ainsi, pour dater l’époque à laquelle les anciennes cités mayas ont prospéré, les chercheurs ont dû compter sur les inscriptions calendaires se trouvant sur les monuments de pierre, mais aussi sur des analyses stylistiques de la céramique maya, ou encore en établissant des datations au carbone 14 à partir de matières organiques.

    Des études antérieures avaient déjà déterminé les âges approximatifs des principaux centres urbains de la civilisation maya du nord. On y apprenait notamment que la région avait enduré les sécheresses du IXème siècle mais jusqu’à présent, cette manne de données n’avait jamais été réunie en une seule étude pour permettre à l’aire nord du territoire maya d’être considérée comme un ensemble, ce qui aurait ainsi aidé les chercheurs à identifier des tendances globales dans son apogée et dans sa chute.

    Depuis, une étude publiée en décembre 2015 par des archéologues américains et britanniques a réuni, pour la première fois, toutes les données recueillies afin de calculer les âges des centres urbains du nord du territoire maya. L’ensemble répertorie environ 200 dates concernant des sites répartis dans la péninsule du Yucatan, la moitié provenant d’inscriptions sur des monuments en pierre, et l’autre moitié provenant de la datation au carbone 14. Grâce à cela, les chercheurs pouvaient alors établir une image globale de l’époque où les cités mayas avaient été florissantes et de l’époque où elles avaient commencé à décliner.

    Ce que l’équipe constata modifie considérablement notre compréhension de cette époque puisque, contrairement à la croyance qui prévalait jusque-là, la région nord du territoire maya se révéla avoir subi non pas une période de sècheresse, mais deux. Les chiffres montrèrent ainsi un déclin de 70 % des inscriptions dans les calendriers en pierre dans la seconde moitié du IXème siècle et le même schéma fut observé dans la datation au carbone 14, celle-ci indiquant que le nombre de constructions en bois baissa à la même période dans la région nord.

    Les chercheurs pensent que ce déclin créatif indique un effondrement politique et sociétal dans le nord de la région à cette époque. Et bien que cette aire géographique ait certainement mieux évolué que le sud de la région, les nouvelles recherches suggéraient que le nord avait lui aussi significativement décliné.

     

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    La seconde période de déclin survint après une brève reprise au cours du Xe siècle (celle-ci étant survenue après une augmentation des précipitations). Pour cette époque, les chercheurs remarquèrent une autre crise dans la construction de nombreux sites à travers le territoire maya du nord : le nombre de sculptures sur pierre et autres activités de construction semble avoir chuté de moitié entre l’an 1000 et l’an 1075. Et comme lors de la première crise 200 ans plus tôt, les chercheurs ont découvert que le XIème siècle coïncidait avec un contexte de grave sécheresse.

     

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    La sécheresse du XIème siècle semble avoir été la pire que la région ait connue en l’espace de 2000 ans et l’on peut certainement parler de « méga-sécheresse ». Les données climatiques montrent ainsi que les précipitations ont diminué de façon spectaculaire de 1020 à 1120 environ, ce qui coïncide avec les dates constatées de l’effondrement du nord du territoire maya.

    L’étude parue en décembre 2015, qui recoupe de nombreuses données, permet d’affirmer que les changements climatiques causèrent non pas une, mais deux périodes dévastatrices de déclin maya. Et si la première vague de sécheresse sembla avoir décimé le sud du territoire maya, il semble que la seconde vague ait décimé le nord.

    Après cette deuxième vague, les Mayas paraissent ne s’être jamais relevés. Car Chichén Itzá, comme la plupart des autres centres importants du nord, ne se sont jamais remis de ces périodes dévastatrices, même s’il y eut quelques rares exceptions, comme la ville de Mayapan, au nord de la région, qui prospéra du XIIIe au XVe siècle sans toutefois rivaliser avec la taille et la complexité des cités mayas qui existaient jadis.

     

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    La plupart des explications archéologiques au déclin maya impliquent l’agriculture, dont toutes les grandes civilisations étaient tributaires, pour se nourrir comme pour leur économie. Ainsi, l’explication la plus probable établit que ces années de faibles rendements pourraient avoir progressivement diminué l’influence politique des Mayas, pour finalement aboutir à la désintégration quasi totale de cette société ancestrale. Julie Hoggartuh, de l’université Baylor, dans la ville texane de Waco et co-directrice de l’étude de décembre 2015 sur les données établissant l’âge des centres urbains mayas, rappelle notamment qu’« il y avait déjà une augmentation de la guerre et de l’instabilité socio-politique dans toute la région maya avant les sécheresses du IXème siècle ».

     

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    Les conflits inter cités sont une cause plausible à l’anéantissement d’une civilisation et il est donc possible que les Mayas se soient battus entre eux. Ainsi, alors que les stocks alimentaires diminuaient au cours des décennies de sécheresse, la concurrence pour acquérir des ressources est certainement devenue plus intense qu’elle ne l’était déjà, pour finalement atteindre un niveau tel qu’elle causa un déclin irrémédiable de la civilisation maya.

    Reste qu’une autre explication peut apporter un éclairage au déclin de ce peuple d’Amérique centrale : ses talents de bâtisseur. Car les Mayas étaient de grands artisans qui façonnaient par là même leur environnement : afin de produire suffisamment de nourriture pour nourrir leurs millions d’administrés, ils devaient creuser d’énormes canaux, parfois sur des centaines de kilomètres, ce qui leur permit de cultiver de nouvelles terres arables.

     

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    Mais ils ont aussi détruit de vastes étendues de forêts, que ce soit pour l’agriculture ou pour libérer de la place pour construire des villes. Certains chercheurs pensent ainsi que les talents des Mayas pour modifier leur environnement pourraient avoir une responsabilité dans leur déclin, puisqu’ils pourraient avoir accentué les impacts des changements climatiques naturels. Par exemple, certains estiment que la déforestation, qui visait à défricher des terres pour l’agriculture, pourrait avoir exacerbé les sécheresses localisées, conduisant à de plus importantes pertes agricoles au cours des siècles où le climat s’emballa.

    Enfin, plus indirectement, les trop grandes prouesses agricoles des Mayas pourraient aussi avoir permis à leur population de trop se développer, les rendant plus vulnérables à une pénurie alimentaire prolongée et causant finalement leur déclin. Mais quelles que soient les raisons de leur déclin, nous savons qu’à partir de 1050, les Mayas abandonnèrent les régions de leurs ancêtres, celles situées à l’intérieur des terres, pour s’exiler en masse vers la côte des Caraïbes ou vers d’autres régions plus vertes. Ainsi, lorsqu’ils virent arriver les colons par centaines en 1517, les Mayas n’étaient plus que l’ombre de la civilisation qu’ils avaient été.

     

    Découvrez ce qui a mené le peuple maya à son extinction

     

    Les fouilles archéologiques et les études menées sur la civilisation maya sont passionnantes. Car en plus de nous en apprendre beaucoup sur ce peuple ancestral et talentueux, nous avons également la possibilité de tirer de précieux enseignements de ses erreurs.

    Article paru dans Daily Geek Show


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  • Véritable symbole de certaines grandes civilisations humaines, le Moyen-Orient regorge de richesses patrimoniales. Parmi celles-ci, la cité antique de Pétra est tout particulièrement somptueuse. Par sa beauté et son originalité, mais surtout parce qu’elle incarne les talents de bâtisseurs humains. SooCurious vous présente ce lieu magnifique, presque mystique. 

    L’histoire de Pétra commence dans l’Antiquité, au VIIIème siècle avant J.-C., lorsque les Edomites s’y installent. Deux siècles plus tard, les Nabatéens occupent la cité, située au sud de l’actuelle Jordanie, et la font prospérer. Grâce à sa position sur la route des caravanes qui transportent encens, épices et autres produits précieux entre l’Egypte, la Syrie, l’Arabie du Sud et la Méditerranée, la ville devient rapidement un carrefour incontournable des marchands du monde civilisé de l’époque.

    Reqem, de son nom sémitique, est occupée jusqu’au VIIIe siècle, lorsque la modification des routes commerciales et les fréquents séismes entraînent l’abandon de la ville par ses habitants. Elle tombe par la suite dans l’oubli avant qu’un explorateur suisse, Jean Louis Burckhardt ne la redécouvre en 1812. A la fin de XXème siècle, en 1985, Pétra est officiellement inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

    La Khazneh, plus célèbre des monuments de Pétra : 

     

    Cette perle du Moyen-Orient dont les monuments sont creusés dans la roche

    Cette perle du Moyen-Orient dont les monuments sont creusés dans la roche

     

    La cité antique présente plusieurs particularités étonnantes, notamment une archéologie hors norme. Ses bâtiments sont ainsi taillés directement dans la roche, ce qui témoigne du savoir-faire des civilisations qui ont occupé l’endroit. Egalement, et cela constituait assurément un élément sécuritaire pour ses habitants, la ville dispose d’un accès unique et donc facilement protégé : le Sîq, un étroit canyon d’environ 1,5 kilomètre de long et d’une profondeur allant jusqu’à 200 mètres.

     

    Cette perle du Moyen-Orient dont les monuments sont creusés dans la roche

     Cette perle du Moyen-Orient dont les monuments sont creusés dans la roche

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    Cette perle du Moyen-Orient dont les monuments sont creusés dans la roche

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    Cette perle du Moyen-Orient dont les monuments sont creusés dans la roche

    Cette perle du Moyen-Orient dont les monuments sont creusés dans la roche

    Le site de Pétra est une des merveilles du patrimoine humain et l’on comprend aisément l’intérêt prononcé des archéologues du monde entier qui s’y pressent. Surtout, la cité incarne le savoir-faire humain et l’essor du commerce, déjà à l’Antiquité.

    Article paru dans Daily Geek Show


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