• Fille de Thoutmôsis Ier et de la grande épouse royale Ahmès, son nom résonne depuis la plus haute antiquité : Hatchepsout qui, par sa ténacité et son sens de la politique, est parvenue à transcender sa condition de femme pour devenir pharaon, incarnation divine terrestre et détenteur du pouvoir suprême en Égypte. 

    Jeunesse d’une princesse

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Arbre généalogique d’Hatchepsout 

    Hatchepsout est la première fille du couple royal, née entre 1508 et 1495 av. J.-C. À Thèbes, avant l’accession au pouvoir de son père. Son grand frère, Amenmès, est nommé généralissime de l’armée de Thoutmôsis Ier à l’âge d’environ 15 ans, vers la quatrième année du règne du Pharaon. Il meurt jeune et Hatchepsout, devenue l’aînée des descendants de Thoutmosis Ier et dotée d’une vive intelligence, est destinée à devenir reine d’Égypte et à régner sur le royaume, aux côtés son époux.

    Préparée très jeune à tenir ce rôle en étant présentée aux grands prêtres et aux hauts fonctionnaires du royaume, elle accompagne son père en pèlerinage pour visiter les plus grands temples du pays.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Toutmôsis Ier, la reine Ahmès et leur seconde fille Néféroubity 

    Plusieurs des enfants de Thoutmôsis Ier meurent en bas âge, si bien que celui-ci décide, afin de maintenir la dynastie, d’unir sa fille à son demi-frère, futur Thoutmosis II, fils de sa seconde épouse Moutnofret Ire. Quelques années plus tard, Thoutmosis II et Hatchepsout ont une fille, Néférourê.

    Après douze ans de règne, Thoutmôsis Ier s’éteint. Ses deux enfants survivants assistent aux funérailles de leur père. Hatchepsout assume alors son rôle de grande épouse royale et reçoit plusieurs titres « la princesse héréditaire, grande de faveurs, la favorite, souveraine du Double Pays » en plus de ses titres personnels : « Fille royale, sœur du roi, Épouse divine, souveraine de tous les pays » que l’on retrouve gravés sur le sarcophage découvert vide par Howard Carter en 1916.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Sarcophage de la reine Hatchepsout, Musée des Beaux-Arts de Boston

    Quelques années plus tard, le pharaon Thoutmôsis II décède à son tour, avant ses trente ans. Hatchepsout devient alors régente du très jeune Thoutmôsis III, fils de la seconde épouse Iset et du pharaon disparu. C’est le début de son ascension politique.

    La reine qui devint roi

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Pendant les premières années du règne du tout jeune enfant, tout se déroule suivant une régence classique. Hatchepsout conserve son titre de grande épouse royale ainsi que ses attributs de représentation : la longue robe fourreau, la couronne de reine et les deux hautes plumes.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

     Thoutmôsis III (gauche) et Hatchepsout (droite) sur la paroi de la chapelle rouge de Karnak

    Mais, sans raison connue actuellement, peu à peu, son association au pouvoir du jeune roi se fait de plus en plus présente. Elle l’accompagne en toutes occasions officielles, se représente à ses côtés sur les stèles et dans les textes officiels. Son crédit auprès des prêtres et des scribes ainsi que la légende de son ascendance divine persuadent la population qu’elle occupe la même fonction royale que pharaon. Ainsi, sans jamais remettre en cause les droits du jeune roi, règne-t-elle de manière effective. Sa mère, la reine douairière Ahmès décède au cours de cette période.

    Elle délaisse de plus en plus sa tenue de reine

    Au bout de quelques années, les spécialistes s’accordent le plus souvent sur 7 ans, elle se fait couronner roi. Dans ses représentations officielles, elle délaisse de plus en plus sa tenue de reine et aborde le pagne court, la coiffe et la barbe postiche de pharaon. Dans les textes, les deux souverains sont désignés comme pharaon, même si ils réservent au jeune souverain le titre de fils du soleil Sa-Rê. Elle se fait alors appeler Maâtkarê, roi de Haute et Basse Égypte. Elle conserve la numérotation du règne du jeune roi. Sur les temples, les deux souverains sont représentés côte à côte, en hommes adultes, mais Hatchepsout-Maâtkarê est toujours placée en avant et porte la couronne de haute Égypte alors que son neveu porte celle de basse Égypte.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Tête d’une statue se trouvant au Temple d’Hatchepsout (Deir el-Bahari, Egypte) 

    Sous son règne, la production d’effigies royales atteint des sommets. Temples, chapelles, tombeaux, palais reçoivent statues et décors à l’image de la reine-pharaon. Elle n’hésite pas à mettre en avant sa fille, la princesse royale Néférourê. Cependant, la princesse décède avant sa mère.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Jean-François Champollion par Léon Cogniet (1794-1880) en 1831, Musée du Louvre

    Il faut noter qu’Hatchepsout ne rejette en rien sa nature féminine puisque les textes la désignent toujours comme femme. Ce point souligné par Champollion a beaucoup perturbé les commentateurs et égyptologues de la fin du XIXème siècle et participé à l’intérêt pour la reine-pharaon. La représentation de ses effigies royales en homme est, selon toutes vraisemblances, un stéréotype de l’art égyptien qui veut que Pharaon soit un homme, c’est une convention de représentation.

    Afin de légitimer son pouvoir, elle fait graver sur les parois des temples le récit de sa naissance divine, notamment dans son temple funéraire à Deir el-Bahari : elle aurait été engendrée par le dieu Amon qui avait pris les traits de son père, Thoutmôsis Ier. Après ce « mariage sacré » ou théogamie, Khnoum la façonna sur son tour de potier et elle fut présentée à Amon qui lui promit « cette bienfaisante fonction royale dans ce pays tout entier ».

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Temple de Deir el-Bahari à Louxor

    Du vivant déjà de Thoutmôsis Ier, elle aurait été installée sur le « trône d’Horus des vivants », c’est-à-dire couronnée, en présence de la Cour, après que l’oracle d’Amon à Karnak l’eut désigné comme roi, voir Pouvoir, prédestination et divination dans l’Égypte pharaonique par Marie-Ange Bonhême, PUFC, Collection « ISTA »  Année 1999 page 148-149. Sur le cas de ce premier couronnement du vivant de son père, il est difficile de départager la vérité du mythe.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Emplacement d’un arbre possiblement rapporté du pays de Pount dans le temple d’Hatchepsout

    Sous son règne, Hatchepsout fait restaurer les temples mis à mal par l’invasion et l’occupation Hyksôs, s’assure du soutien du clergé par des largesses, étouffe une rébellion en Nubie et organise le fameux voyage au pays de Pount d’où les navires égyptiens reviennent chargés de trésors et de matières premières d’exception : ivoire, ébène, myrrhe, encens, arbres.

    Elle est le roi bâtisseur le plus prolixe de l’Égypte antique, elle a certes arrêté la politique expansionniste de ses prédécesseurs, mais a développé le commerce et favorisé la paix. Après 22 ans de règne, elle s’éteint, âgée d’une cinquantaine d’année. Thoutmôsis III récupère alors toutes ses prérogatives royales.

    Oubli et postérité

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Damnatio memoriae d’Hatshepsout censored au Temple de Deir el-Bahari.

    Durant le règne de son successeur Thoutmôsis III, une partie des cartouches d’Hatchepsout reine-pharaon sont martelées et remplacées par celui du roi actuel ou de son successeur Thoutmosis IV. Ses statues en pharaon sont également mutilées et son nom effacé du registre des rois. Cependant, cette damnatio memoriae est loin d’effacer toutes les traces d’Hatchepsout et se limite souvent aux décors les plus visibles et symboliques.

    Ses représentations en tant que reine ou régente sont laissées en place. Mais son omission dans les listes de rois est plus révélatrice, car elle n’y apparaît pas non plus comme reine ou grande épouse royale. Il semble pourtant que les scribes ne l’aient pas oubliée puisqu’elle réapparait sous un nom modifié dans des listes royales datant de l’époque ptolémaïque aujourd’hui disparues mais connues d’auteurs grecs et romains.

    Il faut attendre le XIXème siècle pour que la mémoire de cette mystérieuse reine-pharaon sorte de l’ombre à la faveur des traductions par Champollion et autres savants, des inscriptions sur les murs de son temple. En pleine égyptomanie, elle devient alors le sujet de toutes les interprétations. Histoire très lacunaire et fragments légendaires se mêlent, ouvrant la porte à tous les fantasmes. Certains la traitent d’usurpatrice, d’autres sont curieux, d’autres encore sont attirés par le côté romanesque de sa vie à l’image d’Akhenaton ou de Cléopâtre VII.

     

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Statue d’Hatchepsout, temple d’Hatchepsout, Deir el-Bahari, nécropole thébaine, Égypte 

    En outre, nombre d’auteurs affirment qu’elle avait pris pour amant Sénènmout à qui elle avait confié les plus hautes charges du royaume. Cette affirmation sans fondement perdure aujourd’hui malgré les doutes de nombreux chercheurs. Cette relation intime entre les deux personnages historiques venait appuyer les thèses paternalistes de la fin du XIXème siècle et de la première moitié du XXème siècle voyant dans la reine-pharaon la marionnette du haut clergé et du conseiller arriviste. Certains affirment même que la prise de pouvoir de la reine est le résultat d’un comportement névrotique typiquement féminin.

    De nombreux mystères persistent autour de la vie de la reine-pharaon d’autant que les textes retrouvés relèvent souvent de la propagande royale et il est difficile de faire la part du vrai et du mythe

    Tout au long du XXème siècle, les fouilles entreprises aux quatre coins de l’Égypte révèlent nombres d’inscriptions et de sculpture d’Hatchepsout qui attestent non seulement de son existence mais qui prouvent également son rôle prépondérant dans la politique égyptienne pendant de nombreuses années. L’étude des bâtiments construits ou restaurés sous son règne ont fait l’objet de nombreuses études et documentaires et sont considérés comme le sommet de l’architecture du Nouvel Empire.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

     

    Son tombeau de grande épouse royale a été découvert lors de la campagne napoléonienne en Égypte mais sans momie ni mobilier funéraire, à l’exception de vases canopes dont certains à son nom. La momie d’Hatchepsout a été découverte en 1903 par l’égyptologue Howard Carter à qui l’on doit la découverte de la tombe de Toutânkhamon en 1922. Il avait mis au jour les momies de deux femmes dans la tombe KV60 de la vallée des rois à Louxor. L’une des momies se tenait dans un sarcophage tandis qu’une autre était posée simplement sur le sol de la tombe.

    La première momie fut identifiée comme celle de Satrê, la nourrice d’Hatchepsout. L’identité de la seconde femme demeurait inconnue. Alors que la momie de la nourrice a été transférée au musée égyptien du Caire, l’autre a été laissée sur le sol, à l’intérieur de la tombe. Il faut attendre 2007 pour que sa momie soit identifiée grâce à une dent retrouvée dans un vase canope au nom de la reine-pharaon. Elle est alors transférée au musée du Caire en grande pompe.

    Hatchepsout l’une des seules femmes devenues pharaon

    Panorama de l’Hatchepsut room au Metropolitan Museum of Art, New York City 

    De nombreux mystères persistent autour de la vie de la reine-pharaon d’autant que les textes retrouvés, relèvent souvent de la propagande royale et il est difficile de faire la part du vrai et du mythe. De plus, ces textes sont particulièrement avares en informations personnelles, ce qui rend difficile toute certitude historique. Aussi, Hatchepsout conserve-t-elle tout son mystère et son pouvoir de fascination. Une pièce du Metropolitan Museum of Art de New York lui est consacrée.

    Elle est l’objet de nombreux livres scientifiques dont 12 reines d’Égypte qui ont changé l’histoire de Pierre Tallet publié chez PYGMALION-GÉRARD WATELET en 2013 ou encore La Reine Hatchepsout-Sources et problèmes de Suzanne Ratié, publié en 1979 aux éditions Edition E. J. Brill  voire même de romans comme Child of the Morning de Pauline Gedge (prix Alberta Search-for-a-New Novelist en 1977) ; roman traduit en français par Catherine Méliande sous le nom de La Dame du Nil, paru en 1981 aux éditions J’ai Lu ; ou de manga tel Reine d’Égypte de Chie Inudo aux éditions Ki-oon depuis mars 2017. Elle a également donné son nom à un astéroïde découvert en 1960 et l’on ne compte plus les documentaires à son sujet.

    L’histoire de la reine-pharaon Hatchepsout recèle encore beaucoup de mystères, tout comme le pays qui l’a vu naître. Mais, régulièrement, de nouveaux vestiges sont mis au jour, offrant de nouvelles sources et témoignages. Ainsi, dernièrement, une pyramide (la nécropole royale de Dahshur) et une ville (Abydos) et ont été sorties des sables égyptiens.

    Article paru dans Daily Geek Show


    votre commentaire
  • Une nouvelle étude publiée par Current Biology révèle que la végétation commence à recouvrir l’Antarctique, faisant reculer le continent à son état géologique d’il y a plus de 3 millions d’années. 

    Les conséquences directes du réchauffement climatiques

    « Les gens pensent à l’Antarctique comme une zone très glacée mais nos travaux montrent que des parties y sont vertes et qu’elles vont vraisemblablement devenir encore plus vertes », rapporte Matthew Amesbury, chercheur à l’Université de Exeter et auteur de l’étude (1). Les chercheurs ont découvert que des bancs de mousse se développaient de manière exponentielle dans la péninsule Nord du continent Antarctique.

    Comme l’indique Matthew Amesbury, « même ces écosystèmes relativement protégés et dont les gens pensent qu’ils ne sont pas touchés par l’être humain, montrent les effets de l’Homme sur la modification du climat ». Le continent est directement atteint par le réchauffement climatique. Dans sa péninsule notamment, les températures sont à l’année plus souvent au-dessus du 0° qu’en dessous.

    Conséquence directe de ce réchauffement, la quantité de mousse présente a été multipliée par 4. Une mousse qui pousse dans des terres gelées qui fondent en été et qui arrive désormais à survire lors du regel l’hiver.

    L’Antarctique est envahi par la végétation


     

    L’antarctique recul dans l’âge géologique

    Selon Rob DeConto de l’University du Massachusetts, ces signes indiquent que l’Antarctique retourne en arrière dans l’âge géologique. Le niveau actuel de CO2 serait équivalent aux taux observables il y a 3 millions d’années, une période où la calotte glacière du continent était bien plus petite et où le niveau des mers était plus élevé.

    Si la pollution atmosphérique continue à ce rythme, l’Antarctique risque de reculer encore dans les ères géologiques. Des forêts pourraient ainsi voir le jour dans sa péninsule, un phénomène qui n’est pas arrivé depuis le Crétacé, époque où le continent n’était pas recouvert de glace.

    L’Antarctique est envahi par la végétation

     

    Un phénomène qui pourrait s’accentuer

    Les auteurs de l’étude soulignent surtout que ce phénomène n’est qu’à son début. « Ces changements combinés avec la hausse des zones sans glace vont entrainer des altérations à grande échelle du fonctionnement biologique, de l’apparence et du paysage de la [péninsule Antarctique] ». Ils rappellent surtout que si la croissance des mousses reste encore modeste comparée à l’Arctique où des larges zones de verdures sont désormais observables, ce processus est bien des plus inquiétants.

    Alors l’Antarctique va-t-il voir sa glace disparaitre pour devenir un continent entièrement vert ? En attendant de voir ce scénario se réaliser, cette nouvelle étude montre la nécessité d’agir au plus vite face à un réchauffement climatique aux conséquences plus que jamais immédiates et quasi irréversibles sur notre environnement.

    L’Antarctique est envahi par la végétation

    (1) http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822%2817%2930478-5 

    Article paru dans Daily Geek Show


    votre commentaire
  • Un herbier vieux de 200 ans qui appartenait au Museum d’Histoire Naturelle de Paris a été détruit par la douane australienne à la suite d’une erreur. Ce n’est pas la première fois qu’un événement similaire s’y déroule… 

    Une erreur tragique de communication

    « C’est une perte irréparable », raconte Michel Guiraud, directeur des collections du Muséum d’Histoire Naturel. L’histoire semble folle, elle a pourtant bel et bien eu lieu ! La douane australienne a détruit un herbier qui appartenait au muséum suite à une erreur de communication. « Dans cet herbier, il y avait six spécimens types, c’est-à-dire des spécimens de référence, qui portent absolument tous les critères permettant de décrire une plante », ajoute-t-il.

    Ces échantillons dataient du 19ème siècle et avaient été envoyés en Australie à la demande de chercheurs. L’échange d’échantillon est un phénomène courant et même indispensable pour le bon fonctionnement de la recherche scientifique mondiale. Les experts d’ici étudient des échantillons de là-bas et cette bonne communication permet souvent de faire des découvertes et finalement de faire avancer la science. « On a détruit des indices de la biodiversité d’il y a 200 ans, qui sont importants quand on veut étudier les changements climatiques », explique toujours Michel Guiraud. Au total, ce sont 105 spécimens uniques qui ont été détruits.

    Un herbier d’une importance scientifique inestimable a été brûlé

    Un herbier datant de 1768 

    Une perte inestimable

    Tout a commencé en décembre 2016 lorsqu’une équipe australienne dépose une demande officielle de prêt d’échantillons auprès du Museum de Paris. Malgré quelques difficultés, les spécimens sont malgré tout envoyés et resteront bloqués à la douane, en quarantaine pendant plus d’un mois à cause de documents manquants. De plus, les autorités australiennes expliquent que la confusion est aussi venue du fait que sans savoir ce qu’il y avait à l’intérieur les agents de quarantaine s’étaient fiés à l’évaluation du colis envoyés, soit 2 euros. En effet, comme il est impossible d’évaluer le prix de ces pièces uniques, il est de coutume pour les envois d’échantillons d’y mettre cette valeur dans le but de ne pas être classé dans la catégorie des produits commerciaux, ce qui est le cas pour les biens dépassant 15 euros.

    Michelle Waycott, une responsable de la direction de l’Australasian Herbaria raconte que la douane a simplement dit que « les documents envoyés ne correspondaient à ce qu’ils avaient demandé et a réagi en détruisant les échantillons avant qu’une autre solution ne soit trouvée. » D’habitude, une solution plus diplomatique est trouvée après des discussions téléphoniques ou un échange de mails mais ici tout semble pointer vers une simple erreur de communication.

    Un herbier d’une importance scientifique inestimable a été brûlé

     

    L’Australie n’en n’est pas à son coup d’essai

    Il s’agit là en plus de la deuxième expérience de style pour l’Australie. Une histoire similaire s’était déroulée avec des échantillons néozélandais. Le pays a d’ailleurs annoncé qu’il ne participerait plus à ces programmes d’échanges avec l’Australie. Michelle Waycott explique qu’il s’agit là « d’un grand problème pour nous mais je le comprends. Je n’approuverai pas l’envoie à l’étranger si c’est pour qu’ils soient détruits. »

    Une enquête est actuellement en cours au sein du ministère de l’agriculture et des ressources d’eaux en Australie.

    Un herbier d’une importance scientifique inestimable a été brûlé

     Spécimen de plante séchée et pressée de l’espèce Alnus glutinosa


    votre commentaire
  • Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Camille Claudel (1864-1943). A gauche, une photo de l'artiste prise avant 1883. A gauche, Camille Claudel en 1929, âgée de 65 ans, à l'asile de Montfavet dans le Vaucluse.

    C'est une première mondiale : un musée entièrement dédié à Camille Claudel. Il ouvre ses portes à Nogent-sur-Seine ce 25 mars 2017. L'occasion de rendre dignement hommage à cette artiste géniale. Sa vie tragique aura inspiré de nombreux ouvrages, souvent bien éloignés de la vérité historique. Mais qui était vraiment Camille Claudel ?

    En 1962, Pierre Claudel, fils de l'écrivain, souhaite donner « à Camille Claudel, la sœur de Paul Claudel, une sépulture plus digne de la grande artiste qu’elle a été… » Il écrit donc au maire de Montfavet, petite commune près d'Avignon où sa tante est décédée le 19 octobre 1943. Réponse de l'élu : « J’ai le regret de vous faire connaître que le terrain a été repris pour les besoins du service, les renseignements concernant la famille de la défunte n’ayant pas été fournis au service du cimetière. ».


    Pauvre Camille Claudel !  L'artiste ne dispose même pas d'une sépulture. A sa mort, à l'asile de Montfavet, sa dépouille a fini dans la fosse commune. Et personne de sa famille ne s'est déplacé pour le dernier adieu. Dernier acte d'une vie tragique dont l'atrocité des épisodes laisse sans voix.

    La sculpture ? Un métier qui n'a pas de féminin !

    Née en 1864, Camille a quatre ans de plus que Paul. Dès l'adolescence, elle a des dispositions artistiques évidentes que son père encourage. Camille modèle de la glaise. Son caractère déjà bien trempé ne va pas sans contrarier sa mère, personnage dur et autoritaire et qui jouera, nous le verrons, un rôle décisif dans les années à venir. Quand l'adolescente déclare un jour vouloir embrasser une carrière artistique, la famille lui rétorque : « Tu ne vas tout de même pas faire de la sculpture, alors que ce métier n'a pas de féminin ! »

    Camille persiste.  Alors qu'elle est âgée de 12 ans, le sculpteur Alfred Boucher se dit impressionné par son talent évident. Il lui donne de premiers conseils et, plus tard, arrive à persuader son père de la laisser s'installer à Paris. En 1883, Camille devient à 19 ans l'élève de Rodin au dépôt des marbres de l'État, rue de l'Université. Le sculpteur est alors âgé de 43 ans.

    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Auguste Rodin (1840-1917)

    D'abord modèle du maître, puis collaboratrice, les dons de cette jeune élève bouleversent le maître. Rodin apprécie cette jeune femme qui possède « un parler aux lourdeurs paysannes » (Jules Renard). C'est rapidement l'amour fou entre les deux artistes, un amour violent, incandescent, la rencontre de deux êtres d'exception qui savent leur singularité, sinon leur génie.

    Communion des âmes et des corps.

    Rodin lui écrit : « Je ne regrette rien. Ni le dénouement qui me paraît funèbre, ma vie sera tombée dans un gouffre. Mais mon âme a eu sa floraison, tardive hélas. Il a fallu que je te connaisse et tout a pris une vie inconnue, ma terne existence a flambé dans un feu de joie. Merci car c'est à toi que je dois toute la part de ciel que j'ai eue dans ma vie. (...) Ah ! Divine beauté, fleur qui parle, et qui aime, fleur intelligente, ma chérie. Ma très bonne, à deux genoux, devant ton beau corps que j'étreins »

     Camille à celui qu'elle continue de nommer « Monsieur Rodin » : « Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là, mais, quand je me réveille, ce n'est plus la même chose. Je vous embrasse. » Et ce post-scriptum, un peu comme une mise en garde : « Surtout, ne me trompez plus. »

    C'est que Rodin, homme sensuel, n'est pas libre. Outre ses conquêtes féminines, il vit avec un ancien modèle, Rose Beuret, rencontrée en 1864, l'année de naissance de Camille. Rose est une couturière, fille d'un cultivateur. Camille, de son côté, a une liaison, pendant un temps, avec Claude Debussy. Quand elle le quittera, le musicien écrira, amer : « Maintenant, reste à savoir si elle contenait tout ce que je cherchais ! Si ce n'était pas le néant ! »

    Camille Claudel, « la brillante élève de Rodin »

    Bien entendu, cet amour ravageur, et qui va durer dix ans, a une influence sur le travail respectif des deux sculpteurs. Camille Claudel crée ses œuvres les plus sublimes : l'Abandon, la Valse, Clothol'Implorante, l'Âge mûr


    En 1884, Rodin réalise la sculpture L'Éternel Printemps et L'Adieu en 1892. Excessive, souvent rageuse, volontiers violente, si l'artiste qu'elle est sait la qualité artistique du travail de son amant, Camille ne supporte pas sa lâcheté amoureuse. Pourquoi donc ne quitte-t-il pas Rose Beuret ?


    Il existe quelques dessins de Camille où la compagne de Rodin est représentée sous les traits d'une sorcière grotesque ou accouplée comme le sont parfois les chiens. Une légende vacharde accompagne le dessin : « Ah ! Ben vrai ! Ce que ça tient ? »
    Sur le plan artistique, Camille supporte avec de plus en plus de difficulté qu'on la désigne comme la « brillante élève de Rodin ».

     

    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée


    Elle lui écrit, lucide : « Je risque fort de ne jamais récolter le fruit de tous mes efforts et de m'éteindre dans l'ombre de la calomnie et des mauvais soupçons. Ce que je vous dis est tout à fait secret et pour que vous jugiez bien de la situation… »

    En 1911, voici encore ces mots destinés à son frère Paul, où perce une pointe d'amertume : « Les ovations de cet homme célèbre (Rodin ndlr) m'ont coûté les yeux de la tête, et, pour moi, rien de rien ! » Rodin est plus scandaleux, mais Camille Claudel est plus révolutionnaire.


    Octave Mirbeau

    Camille Claudel restera-t-elle éternellement dans l'ombre du maître ? Sa sculpture Sakountala, exposée en 1888, a obtenu le Prix du Salon. Octave Mirbeau, par trois fois (en 1893, 1895 et 1897) fait pourtant l'éloge de son travail lors de comptes rendus critique.

    Dans son premier article, évoquant le Salon en 1893 où sont présentés les travaux des deux artistes, il écrit avec la pertinence qui le caractérise : « Rodin est plus scandaleux, mais Camille Claudel est plus révolutionnaire. »

    De fait, Camille sait exactement la valeur de son travail. Mais quand pourra-t-elle enfin voler de ses propres ailes ? Quand ? Jamais. Et sa vie, jusque-là difficile, va basculer dans l'atroce.

    10 mars 1913, Camille est internée

    Diplomate, « écrivain catholique », Paul Claudel exècre Rodin et son travail. La sensualité novatrice de ses sculptures le choque, il n'approuve pas ses audaces et, surtout, Rodin lui a ravi sa sœur Camille qui, écrira-t-il un peu mystérieusement  « exerça sur ses jeunes années un ascendant souvent cruel ».

    Au soir de sa vie, il ajoutera : « Je revois, émergeant de l'enfance, cette jeune figure triomphale, ces beaux yeux bleu foncé, les plus beaux que j'ai jamais vus, qui se fixent avec moquerie sur ce frère maladroit. » Il dira aussi que Camille était «  le grand homme de la famille ». Pour lui, Rodin accapare Camille.

     

    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Paul Claudel à vingt ans. Dessin de  Camille Claudel


    Impardonnable. 

    Au sujet du sculpteur, il écrit, ivre de jalousie, que Rodin « est un démon qui flaire la merde avec un nez énorme comme la racine d'une trompe, comme un groin de cochon ». Mais leur père meurt le 2 mars 1913.

    Camille perd dès lors son plus fidèle soutien. La famille, semble-t-il, ne la prévient pas de cette disparition. Depuis quelques années, d'ailleurs, on l'évite. Elle « fait honte ». Sa rupture avec Rodin, en mai 1894,  l'a enfermé dans une solitude d'abord choisie, assumée, mais qui s'est refermée sur elle. Elle vit misérablement dans son atelier, est sujette à des rages inattendues et l'artiste détruit régulièrement ses travaux.

    Camille vit comme une semi-clocharde dans une crasse repoussante. Elle tempête et dénonce « la bande à Rodin » qui, selon elle, veut l'empoisonner et lui voler ses travaux.

    Cela ne peut plus durer. Elle indispose. Le scandale menace. Sa famille décide donc de la faire interner. Sa mère, âgée de 73 ans, signe  « une demande de placement volontaire ». Le 10 mars 1913, un fourgon s'arrête devant  le 19 du quai Bourbon de l'île Saint-Louis. Camille s'est barricadée. Deux infirmiers sont obligés de passer par la fenêtre. Ils se saisissent de l'artiste qu'ils embarquent aussitôt. Plus jamais Camille Claudel ne sera libre.

    Camille et l'affaire des avortements

    Etait-elle « folle » ou s'agit-il  d'une séquestration ? Au sujet de cet internement, Paul Claudel écrit : « Il a fallu intervenir, les locataires de cette vieille maison du quai Bourbon se plaignaient. Qu'est-ce que c'était que cet appartement du rez-de-chaussée aux volets toujours fermés ? Qu'est-ce que c'était que ce personnage hagard et prudent, que l'on voyait sortir le matin seulement pour recueillir les éléments de sa misérable nourriture ? ».


    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Plaque posée devant le domicile du 19 quai de Bourbon à Paris, où habitait Camille Claudel (Photo de Moonik, travail personnel, (commons.wikimedia))


    Tout cela, certes, est inquiétant mais cela mérite-t-il un enfermement ? En août 1987, dans le journal Le Monde, le professeur François Lhermitte spécialiste de neurologie et de neuropsychologie à l'hôpital de la Salpêtrière fera le point sur cette question. Il écrit : « Camille Claudel, en 1905, était déjà atteinte d'un délire paranoïaque de persécution, délire connu comme irréversible, dangereux et incurable (ce qui est encore le cas aujourd'hui). Ce fut la raison de son internement en 1913 et du renouvellement de cette mesure jusqu'à sa mort. Camille Claudel, convaincue que Rodin voulait l'empoisonner, continua, même après la mort de ce dernier, à n'accepter de se nourrir qu'avec des œufs frais (qu'elle faisait cuire elle-même) et des pommes de terre (qu'elle exigeait d'éplucher elle-même). »

    Mais n'est-ce pas une affaire plus intime qui a précipité l'artiste dans ces excès ?

    La rumeur va bon train, et l'opprobre social qui l'accompagne aussi. Il se murmure que Camille, enceinte de Rodin, a subi deux avortements. Ce bruit, et la condamnation publique qui le sous-tend,  n'est-ce pas cela qui a précipité Camille dans la « folie » ?

     

    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Paul Claudel a 30 ans. Bronze de Camille Claudel


    L'affaire n'est pas une supputation.

    Paul Claudel écrit en 1939 à une femme qui lui confesse avoir connu un avortement : « Sachez qu'une personne de qui je suis très proche a commis le même crime que vous et qu'elle l'expie depuis (x) ans dans une maison de fous. Tuez un enfant, tuer une âme immortelle, c'est horrible ! C'est affreux ! ».

    Le 19 septembre 1913 « L'avenir de l'Aisne » évoque l'internement jugé abusif de Camille Claudel : « en plein travail, en  pleine possession de son beau talent et de toutes ses facultés intellectuelles, des hommes sont venus chez elle, l'ont jetée brutalement dans une voiture malgré ses protestations indignées. »

    Une campagne de presse est alors lancée contre la « séquestration légale ». Elle vise la famille de Camille Claudel, accusée de vouloir se débarrasser d'elle et demande l'abrogation de la loi du 30 juin 1838 sur les aliénés. Sans effet, hélas,  sur le sort de la malheureuse.

     

    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Asile d'aliénés de Montdevergues à Montfavet

    Camille Claudel, trente ans d'atroce solitude

    Camille est d'abord  admise à l'Hôpital Psychiatrique de Ville-Evrard (Nord Est de Paris), réservé aux femmes, puis est transférée le 9 septembre à l'asile d'aliénés de Montdevergues, à Montfavet, dans le Vaucluse. Aucun confort. L'établissement a la réputation d'un mouroir. Camille « bénéficie » d'un niveau de confort de troisième classe, le plus bas, soit un dortoir de dix à 12 personnes. Tarif : 6 francs par jour.

    Camille refuse de sculpter car, accepter cela, c'est accepter sa condition.
    Elle ne songe qu'à quitter ce cauchemar. Sa mère, lui interdit les visites et, plus généralement, toutes relations avec l'extérieur. Elle écrit au directeur de l'établissement « ... quand elle était chez elle, elle ne recevait personne (...) Pourquoi maintenant ne pourrait-elle se passer de visite ? » De même, ses lettres sont saisies et détruites. On ne lui transmettra aucun courrier. Elle ne recevra jamais une seule visite de sa mère, qui meurt en 1929, ni de sa sœur. Seul son frère Paul viendra la voir... une douzaine de fois (en trente ans !).

     

    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Camille Claudel, L’Âge mûr, (1893-1900)

    Camille Claudel

    Solitude atroce, inhumaine. Il faut lire cette lettre déchirante qu'elle adresse à son frère le 3 mars 1927 :

    « Ce n’est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu : après 14 ans aujourd’hui d’une vie pareille je réclame la liberté à grands cris. Mon rêve serait de regagner tout de suite Villeneuve et de ne plus en bouger, j’aimerais mieux une grange à Villeneuve qu’une place de 1ère pensionnaire ici. (...) Ce n’est pas sans regret que je te vois dépenser ton argent dans une maison d’aliénés. De l’argent qui pourrait m’être si utile pour faire de belles œuvres et vivre agréablement ! Quel malheur ! J’en pleurerais. Arrange-toi avec m. le Directeur pour me remettre de 3ème classe ou alors retires-moi tout de suite d’ici, ce qui serait beaucoup mieux ; quel bonheur si je pouvais me retrouver à Villeneuve ! Ce joli Villeneuve qui n’a rien de pareil sur la terre ! Il y aujourd’hui 14 ans que j’eus la désagréable surprise de voir entrer dans mon atelier deux sbires armés de toutes pièces, casqués, bottés, menaçants en tous points. Triste surprise pour un artiste : au lieu d’une récompense, voilà ce qui m’est arrivé ! C’est à moi qu’il arrive des choses pareilles car j’ai toujours été en but à la méchanceté. Dieu ! Ce que j’ai supporté depuis ce jour-là ! Et pas d’espoir que cela finisse. Chaque fois que j’écris à maman de me reprendre à Villeneuve, elle me répond que sa maison est en train de fondre c’est curieux à tous les points de vue. Cependant j’ai hâte de quitter cet endroit. Plus ça va, plus c’est dur ! Il arrive tout le temps de nouvelles pensionnaires, on est les unes sur les autres, foussi comme on dit à Villeneuve, c’est à croire que tout le monde devient fou. Je ne sais pas si tu as l’intention de me laisser là mais c’est bien cruel pour moi !.... »


    Rien dans cette lettre déchirante, ce cri dans la nuit, indique le moindre désordre de ses facultés mentales. Il existe d'autres courriers où elle continue de se plaindre de la « bande à Rodin » qui veut l'empoisonner et elle s'enflamme avec des propos quasi délirants mais, dans une telle atmosphère, une telle solitude, comment pourrait-il en être autrement ? Quelle personne pourrait endurer une telle épreuve sans voir sa raison chanceler ? Camille vivra cet enfer jusqu'au dernier jour de sa vie.

     

    Drames, vérités et légendes, réunis dans un musée

    Rodin photographié par Dornac en 1898.

    Rodin, qui mourra en 1917, est au courant de la situation. Bouleversé, il essayera de faire parvenir de l'argent à Camille et fera exposer ses œuvres mais il ne sera d'aucun secours pour la faire libérer. Légalement, de toutes les façons, il ne le peut pas. La famille Claudel est seule décisionnaire. Le poids du génie est lourd à porter pour une femme.


    Paul Claudel

    Paul Claudel, désormais diplomate et écrivain de renom, estime-t-il que Camille pourrait créer le scandale et entacher sa réputation s'il décidait de la faire sortir ? C'est probable. Les années passent. L'établissement lui écrit pour lui donner des nouvelles de sa sœur. Pendant la Seconde guerre mondiale, victime des rations alimentaires, sa santé se met à décliner. Extraits :

    7 décembre 1942 : « Notre malade s'affaiblit physiquement, elle présente un œdème des membres et s'alimente assez difficilement. » 1943, 8 mai : « L'état de notre malade est très médiocre, elle s'affaiblit progressivement. » 1er septembre : « Notre malade est sensiblement affaiblie. Elle a les mains enflées, signe de carence chez elle. »


    Affamée (les restrictions alimentaires pendant la guerre touchent aussi les établissements hospitaliers), Camille s'éteint, seule, atrocement seule, le 19 octobre 1943 et son corps, non réclamé par la famille, est placé dans la fosse commune.

    Au lendemain de la mort de Camille, dans une lettre à son beau-frère, Claudel écrira : « Camille a terminé sa longue vie de déceptions et de souffrances. Le poids du génie est lourd à porter pour une femme !... Ma consolation est que ces trente ans de souffrance lui ont certainement valu l'accès d'un séjour meilleur. L'aumônier m'a dit qu'elle communiait souvent dans des sentiments de grande piété. » Une « longue vie de déceptions et de souffrances ».

    La phrase est exacte. Seulement, Camille Claudel a-t-elle été la seule maîtresse de son destin ?

    https://www.youtube.com/watch?v=XwKjRJaAiHo

     

    Article paru sur le site du CGMA https://cgma.wordpress.com/ 

     


    votre commentaire
  • Le taux de CO2 dans l’atmosphère

     

    Un record dans l’histoire de l’humanité !!!

     

    Le 18 avril, la Terre a franchi sa dernière étape réellement significative du changement climatique. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone ont été mesurées à 410 parties par million (ppm). 

    Une nouvelle ère

    La courbe de Keeling, un graphique de l’évolution de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère terrestre, a atteint une étape importante, comme en témoignent les mesures prises à l’Observatoire de Mauna Loa à Hawaï, par l’Institut d’océanographie Scripps de San Diego en Californie. Quand l’année dernière, lorsque les niveaux atmosphériques de CO2 atmosphériques de notre planète atteignaient les 400 ppm, les scientifiques ont averti le public que le prochain jalon serait de 410 ppm.

    « Nous sommes dans une nouvelle ère », a déclaré Ralph Keeling, directeur du programme de CO2 Scripps Institution. Il n’y a rien de très important sur les nombres 400 ou 410, mais ils offrent des points de comparaison avec les scientifiques. « Ces jalons ne sont que des chiffres, mais ils nous donnent l’occasion de faire le bilan et d’agir en utilisant nos instruments de mesure pour des comparaisons avec le registre géologique », a expliqué le chercheur Gavin Foster de l’Université de Southampton à Climate Central en mars.

     

    Un record dans l’histoire de l’humanité !!!

     

    « Le taux d’augmentation diminuera lorsque les émissions diminueront »

    Maintenant, plus que jamais, il est essentiel pour tous les pays de travailler ensemble pour réaliser un monde plus vert. Alors que des facteurs naturels comme El Niño ont entraîné plus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère au cours des deux dernières années, ces nouveaux enregistrements sont principalement alimentés par des personnes qui brûlent des combustibles fossiles en quantités considérables et, à leur tour, créent des quantités record de dioxyde de carbone.

    «  Le taux d’augmentation diminuera lorsque les émissions diminueront », a déclaré le météorologue de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), Pieter Tans à Climate Central. « Le dioxyde de carbone continuera à augmenter, mais plus lentement. Ce n’est que lorsque les émissions sont réduites que la moitié du dioxyde de carbone atmosphérique au niveau initial. »

    Reconnaissant l’importance de prendre des mesures pour arrêter le changement climatique, les scientifiques et les laïcs aux États-Unis ont défilé pour la science le Jour de la Terre, le 22 avril. S’adressant à la foule à San Diego, Keeling a déclaré : « Le débat sur le changement climatique existe depuis plusieurs décennies ».

     

    Un record dans l’histoire de l’humanité !!!

     

    Un effort mondial concerté et obligatoire

    Des recherches récentes montrent que l’approvisionnement énergétique mondial ne doit être que de 25 % (ou moins) en fonction des combustibles fossiles d’ici 2100 pour atteindre les objectifs de l’Accord sur le climat de Paris. Divers pays prennent des mesures pour atteindre leurs propres objectifs qui sont conformes à ces lignes directrices mondiales. La Chine, par exemple, a introduit un plafond sur le charbon et avait convenu d’un objectif relativement conservateur : atteindre un pic de ses émissions de CO2 d’ici à 2030.

    Quant à l’Allemagne, elle interdira les moteurs à combustion d’ici 2030. Aux États-Unis, les défenseurs de l’environnement ont profité d’un fonds énergétique propre de 20 ans d’une valeur de 1 milliard de dollars. La Grande-Bretagne a récemment établi un record que le monde a été heureux d’observer. Pour la première fois depuis cent trente-cinq ans, le pays a passé une journée entière sans utiliser de charbon pour sa production d’électricité.

    C’est le moment d’un effort concerté et mondial, et nous espérons que nous allons commencer à voir des enregistrements plus positifs.

     

    Un record dans l’histoire de l’humanité !!!

    Shangai, Chine

    Article paru dans Daily Geek Show


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires