• Un réchauffement de 2°C limiterait la casse sur les coraux

      L'avenir de l'Homme dépend de l'avenir des océans L'avenir de l'Homme dépend de l'avenir des océans. Photo: Reuters

     

    L'océan s'acidifie sous l'effet du changement climatique, affectant coraux et coquillages. Des impacts importants qui seraient limités avec un réchauffement de 2°C.

    L'océan se réchauffe et s'acidifie sous l'effet du changement climatique, affectant les coraux tropicaux et certains coquillages, mais les impacts sur l'océan, potentiellement catastrophiques, seraient limités avec un réchauffement de 2°C.

    Telle est la conclusion de travaux menés par une vingtaine de chercheurs internationaux regroupés sous la bannière « Initiative océans 2015 » et publiés récemment dans la revue Science. Dans leur ligne de mire : la conférence climat de Paris fin 2015 où un accord universel pour limiter le réchauffement à 2°C est espéré.

    « L'avenir de l'Homme dépend de l'avenir des océans », souligne Alexandre Magnan, un des auteurs de l'étude, en appelant les pays à « faire preuve d'ambition » pour engager un réel tournant et enfin amorcer une baisse mondiale des émissions de gaz à effet de serre.

     

    L'océan a déjà gagné en surface jusqu'à 0,7°C

    Pour parvenir à cette conclusion les experts ont, disent-ils, « regroupé les connaissances sur les océans déjà présentes dans les travaux du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat) et intégré les données publiées depuis 2013 ».

    Il sont également allés « plus loin sur les impacts prévisibles sur les écosystèmes (poissons, coquillages, coraux, mangroves, etc.) et sur les services rendus par les océans » (absorption du CO2, protection des côtes, pêche, aquaculture, etc.), résume Jean-Pierre Gattuso.

    Ainsi, l'océan aurait déjà gagné en surface entre 0,6 et 0,7°C depuis l'ère pré-industrielle, avec des disparités géographiques notables, et ce réchauffement va se poursuivre, a expliqué Laurent Bopp, également coauteur de l'étude. Tout comme l'acidification qui attaque certains organismes (coraux, coquillages, etc.) qui a augmenté de 30%, soit 0,1 point de pH.

     

    L'augmentation du pH « hors de contrôle »

    Selon l'étude, dans un scénario à +2°C, l'augmentation du pH serait limitée à 0,14 unité, mais entrerait dans une zone « hors de contrôle » si les émissions de gaz à effet de serre continuaient au rythme actuel (+0,4 unité de pH, soit 40 fois plus).

    Aujourd'hui, sous l'effet de l'élévationde la température des océans, de leur acidification et d'une plus faible oxygénation, les coraux tropicaux et certains coquillages aux latitudes moyennes (comme les huîtres sur la Côte Est américaine) sont attaqués. « L'objectif de 2°C comporte des risques majeurs » pour ces organismes, relèvent les chercheurs, mais « les impacts sur d'autres organismes et écosystèmes resteront modérés avec un tel scénario ».

     

    Les récifs coralliens tropicaux sont particulièrement menacés

    Des déplacements d'espèces de poissons, avec un appauvrissement des pêcheries dans les zones tropicales, sont toutefois attendus même à +2°C, soulignent-ils. A contrario, la pêche en Islande ou en mer de Norvège devrait en bénéficier.

    Mais un scénario d'émissions de gaz à effet de serre élevé (scénario actuel) « aggravera considérablement la situation : presque tous les organismes étudiés auront à faire face à des risques de dommages très élevés, tels que des mortalités massives et d'importants déplacements d'espèces », estiment les membres d'« Initiative océans 2015 ». Les récifs coralliens tropicaux, qui protègent de la violence des vagues et abritent une riche biodiversité garante de bonne santé pour la pêche et le tourisme, sont particulièrement menacés.

    Or, « les services écologiques et économiques qu'ils rendent représentent des sommes considérables », insiste Jean-Pierre Gattuso, l'un des principaux auteurs de cette étude. « Des efforts immédiats de réduction des émissions de CO2 sont plus que jamais indispensables pour prévenir le risque de modifications brutales et irréversibles », concluent les chercheurs.

    Article paru dans Ouest-France


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