• Sur une colline, près de Gela en Sicile, un amoncellement de roches s’est révélé taillé par la main de l’Homme : un mégalithe de 7m de haut, encore dressé, continue d’accueillir le soleil levant du solstice d’hiver depuis 5 000 ans. 

    La formation rocheuse a été découverte le 30 novembre 2016 par une équipe d’archéologues italiens qui s’intéressaient à des bunkers datant de la Seconde Guerre mondiale. La pièce maîtresse est un mégalithe de 7m, percé d’un trou d’environ 1m de diamètre. Pour l’archéologue Giuseppe La Spina, il a tout de suite été évident qu’il s’agissait d’un « trou délibéré, fait par la main de l’homme ».  Il restait à prouver que la pierre était un calendrier préhistorique servant à mesurer le passage des saisons.

     

    Ils découvrent par hasard un trésor préhistorique

     

    C’est un grand rocher d’environ sept mètres de haut. Il est percé par un trou d’environ un mètre de diamètre qui laisse entrevoir les rayons du soleil. Il a été découvert, le 30 novembre dernier, sur une colline proche d’une nécropole préhistorique, à environ 10 kilomètres de la ville de Gela, sur la côte sud de la Sicile. Il s’agirait d’un rocher calendrier, vieux d’environ 5 000 ans. Une découverte archéologique majeure pour la compréhension de la vie de l’homme durant la période néolithique de la Préhistoire.

    Et dire que cette découverte est le fruit du hasard ! Ce jour-là, un groupe d’amis italiens, passionnés d’archéologie, étudie les bunkers de la Seconde Guerre mondiale. Ils voulaient les cartographier quand ils sont tombés sur ce site historique.

    « Il me paraît clair que nous avons affaire à un trou délibéré, fait par la main de l’homme, affirme Giuseppe La Spina, archéologue, interrogé par la presse locale sicilienne. Cependant, nous avions besoin de preuves empiriques, nécessaires pour prouver que la pierre a été utilisée comme un calendrier préhistorique pour mesurer les saisons », ajoute-t-il.

     

    Ils découvrent par hasard un trésor préhistorique

     

    Alors, à l’aide de boussoles, caméras et drones, l’archéologue et ses collègues ont réalisé un essai en décembre, pour vérifier si le soleil levant du solstice d’hiver allait s’aligner avec le trou dans la roche. Et ce fut bel et bien le cas. « À 7 h 32, le soleil brillait à travers le trou avec une précision folle. C’était incroyable », s’enthousiasme l’archéologue.

     

    Ils découvrent par hasard un trésor préhistorique

     

    Un lieu sacré à la fin du troisième millénaire

     

    Ils découvrent par hasard un trésor préhistorique

    (Photo Capture Twitter/DR)

     

    La roche de sept mètres de haut aurait donc marqué un point important de l’année et des saisons, anticipant le froid et les conditions difficiles de l’hiver. Un moment qui avait probablement une importance rituelle, une enquête plus approfondie ayant révélé que ce site était un lieu sacré à la fin du troisième millénaire avant notre ère.

    À l’est de cette pierre, les archéologues ont trouvé ce qui semble être un menhir ou une pierre dressée. La roche haute de cinq mètres gisait au sol, mais la présence d’une fosse près de sa base suggère que la pierre se tenait debout. « Elle était à une distance de huit mètres, juste en face du trou de l’autre roche », explique La Spina. La composition géologique des deux pierres est différente, indiquant que le monolithe a été coupé puis amené sur le site. « Cela renforce évidemment la sacralité du site », selon lui.

    Au moins deux autres pierres trouées ont été découvertes en Sicile par le passé. « Le rocher calendrier récemment trouvé semble avoir été fait par la même main que les deux autres roches préalablement découvertes, indique Alberto Scuderi, expert italien en archéoastronomie, auteur de la découverte des deux autres pierres près de Palerme, en Sicile. L’une était alignée avec le soleil levant du solstice d’hiver, l’autre avec le soleil levant du solstice d’été », estime-t-il dans le journal anglais The Independent. Les archéologues ont donc jusqu’au mois de juin pour trouver la seconde roche, afin de pouvoir la tester pour le solstice d’été. 

    Les recherches vont ainsi se poursuivre dans l’espoir de découvrir une autre pierre, qui pourra être testée au moment du solstice d’été. En attendant, Giuseppe La Spina, membre du groupe d’amis qui a réalisé cette découverte, ne cache pas sa « fierté d’avoir réalisé l’une des plus sensationnelles découvertes archéologiques de ces dernières années ».

    Celle-ci rappelle la découverte du Stonehenge, ce monument mégalithique du nom de ce village anglais du Wiltshire, connu comme abritant l’un des sites archéologiques les plus importants jusqu’à présent. Une merveille classée depuis au patrimoine mondial de l’Unesco.

     

    Ils découvrent par hasard un trésor préhistorique

    La découverte est similaire à celle du Stonehenge anglais, hérité de la période néolithique. (Photo : Wikimédia)

    Article paru dans Ouest-France


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