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    Simone Veil, née Jacob le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes), est une femme politique française.

    Rescapée de la Shoah, elle entre dans la magistrure comme haut fonctionnaire jusqu'à sa nomination comme ministère de la Santé, en mai 1974. À ce poste, elle fait notamment adopter la « loi Weil », promulguée le 17 janvier 1975, qui dépénalise le recours par une femme à l'interruption volontaire de grossesse.

    De 1979 à 1982, elle est la première présidente du Parlement européen, nouvellement élu au suffrage universel. Élue à l'Académie française le 20 novembre 2008, elle est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010.

    Biographie

    Son père, l'architecte André Jacob, obtient en 1919 le Second grand prix de Rome. Il épouse Yvonne Steinmetz, fille de fourreurs parisiens, le 22 mai 1922 dans le 9ème arrondissement de Paris. André Jacob exige que sa femme bachelière et étudiante en chimie abandonne ses études après leur mariage. Après la naissance des deux premiers enfants du couple Madeleine et Denise, la famille juive mais non pratiquante quitte Paris pour s'installer à Nice sur la Côte d'Azur. Jean Jacob, le seul fils, nait en 1925. Simone Jacob est la benjamine de la famille, elle naît le 13 juillet 1927 à Nice. Avec la crise de 1929, la famille Jacob quitte son appartement pour un autre plus petit. Lorsque la crise s'aggrave, les commandes d'architectes à son père se raréfient, et sa mère tricote pour les enfants de familles démunies.

    Dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale

    Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne nazie. Lorsque l'armistice est signé, André Jacob est accablé. Le 10 juillet 1940, l'Assemblée nationale vote à une écrasante majorité les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le régime de Vichy (gouvernement Pierre Laval) promulgue, le 4 octobre 1940, le premier statut des juifs qui établit une série d'interdictions à l'encontre des Juifs et l'obligation de se déclarer aux autorités.

    André Jacob remplit les démarches et perd le droit d'exercer sa profession. Yvonne Jacob passe ses journées à chercher de la nourriture pour sa famille.

    L'année suivante, les enfants Jacob sont envoyés près de carcassonne, où ils séjournent en compagnie d'un oncle et d'une tante.

    De retour à Nice, la famille, qui habite un appartement, subit la ségrégation progressive des lois anti-juives. Les enfants participent activement aux activités des scouts et des éclaireuses. Le danger devient manifeste à partir de septembre 1943, date de la prise de contrôle de la Côte d'Azur par l’occupant allemand, sous la direction d'Aloïs Brunner, en remplacement des Italiens. En mars 1944, Simone Jacob passe son baccalauréat.

    L'arrestation

    Lors d'un contrôle effectué dans la rue par deux SS,Simone Jacob, alors âgée de 16 ans et qui se fait appeler Simone Jacquier, est arrêtée le 30 mars 1944, à Nice, où elle réside chez son professeur de lettres classiques. Elle est emmenée à l'hôtel Excelsior, quartier général allemand, qui sert à cette époque de lieu de regroupement local des juifs arrêtés avant leur déportation vers l'Allemagne. Dans les heures qui suivent, le reste de sa famille, hébergée malgré les risques encourus par plusieurs couples de relations et d'amis niçois, est arrêté par la Gestapo. Sa sœur Denise Vernay, entrée à 19 ans dans un réseau de Résistance à Lyon, est arrêtée en 1944, et déportée à Ravensbrück d'où elle est revenue.

    La déportation à Auschwitz-Birkenau 

    Simone transite par le camp de Drancy. Son père et son frère Jean sont déportés en Lituanie par le convoi 73. Simone Veil ne les a jamais revus. Le 13 avril 1944, soit deux semaines après leur arrestation, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées de Drancy (convoi no 71) à destination d'Auschwitz-Birkenau, un des camps d'extermination nazis,où elles arrivent le 15 avril au soir. Un prisonnier parlant français lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans pour passer la sélection et éviter l'extermination. Elle reçoit le matricule 78651 qui lui est tatoué sur le bras. Le travail forcé consiste alors à « décharger des camions d'énormes pierres » et « à creuser des tranchées et aplanir le sol ».

    La marche de la mort jusqu'à Bergen-Belsen et la Libération

    En juillet 1944, avec sa mère et sa sœur, elle est transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Peu avant la libération du camp d'Auschwitz le 27 janvier 1945, les Allemands emmènent leurs prisonniers dans la marche de la mort jusqu'au camp de Bergen-Belsen où elle travaille à la cuisine. Sa mère meurt du typhus le 13 mars 1945. Sa sœur Madeleine, atteinte également, est sauvée de justesse grâce à l'arrivée des Alliés.

    Bergen-Belsen est libéré par les troupes britanniques le 15 avril 1945. Simone, Madeleine et son autre sœur Denise (engagée dans la Résistance) sont les seules survivantes de la famille, puisque leur père, leur mère et leur frère ne sont pas revenus des camps.

    Après son retour en France, elle ne parviendra à parler de son expérience qu'avec sa sœur Madeleine, avec qui elle a partagé la déportation. Durant plusieurs décennies, ce drame restera secret, uniquement connu de ses proches.

    Retour en France

    Simone Jacob est de retour en France le 23 mai 1945. Seule de toute l'Académie à avoir passé et obtenu son baccalauréat en mars 1944, la veille de son arrestation, elle s'inscrit, en 1945, à la faculté de droit de Paris et à l'Institut d'études politiques de Paris, où elle rencontre Antoine Veil (1926-2013), futur inspecteur des finances et chef d'entreprises, qu'elle épouse le 26 octobre 1946.

    Simone et Antoine Veil ont eu trois fils, Jean, avocat d'affaires (né en 1947), Claude-Nicolas (1948-2002), Pierre-François, avocat (né en 1954), et plusieurs petits-enfants.

    Ministre de la Santé

    Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République, elle est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, poste qu'elle conserve sous les gouvernements Raymond Barre.

    Elle est chargée de présenter au Parlement le projet de loi sur l'interruption volontaire de grassesse (IVG), qui dépénalise l'avortement. Ce combat lui vaut des attaques et des menaces de la part de l'extrême-droite et d'une partie de la droite parlementaire, comme l'a rappelé Jean d'Ormesson en l'accueillant à l'Académie française. Dans un discours devant les députés, elle soutient que « l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue ». Le texte est finalement adopté à l'Assemblée nationale le 29 novembre 1974, la gauche, en particulier, venant à la rescousse des députés centristes favorables à la loi mais non majoritaires à l'Assemblée dans ce cas précis. La loi est ensuite adoptée au Sénat, deux semaines plus tard. Elle entre en vigueur le 17 janvier 1975.

    Retrait progressif de la vie politique

     

     

    Le 8 mars 2007, tout juste libérée de son devoir de réserve lié à son mandat de membre du Conseil constitutionnel, elle annonce sa décision de soutenir Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007. Toutefois, cela ne l’empêche pas de garder sa liberté de jugement et, à l’annonce de la création d’un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale par le candidat au cas où il serait élu, elle répond qu’elle aurait préféré un ministère « de l’Immigration et de l'Intégration ». Son soutien à Nicolas Sarkozy n’est toutefois pas remis en cause : « Nicolas est gentil. Il peut être brutal dans son expression, mais les gens ont tort de douter de son humanité. C’est un ami fidèle. Pour moi, c’est important. Quand on choisit un président, on a envie de quelqu’un qui ait ces qualités-là. Ce n’est pas toujours le cas. »

    De 2000 à 2007, elle préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle est par la suite présidente d'honneur.

    Membre de l'Académie française

    Le 31 octobre 2007 est éditée son autobiographie, intitulée Une vie. L’ouvrage a été traduit en une quinzaine de langues et vendu, en France, à plus de 550000 exemplaires. Il a obtenu le Prix des Lauriers Verts en 2009. Elle y donne entre autres son opinion sur Paul Touvier, dont elle dit que Georges Pompidou ne connaissait pas assez bien le dossier, et sur Maurice Papon, dont elle note l'absence du moindre remords, y compris pour la mort d’enfants déportés.

    Autre reconnaissance de son action publique est son élection parmi les « Immortels ». Le 9 octobre 2008, invitée par Maurice Druon et François Jacob, Simone Veil présente sa candidature à l'Académie française au fauteuil de Pierre Messmer, qui fut également celui de Jean Racine et de Paul Claudel. Le 20 novembre 2008, elle est élue au premier tour de scrutin par 22 voix sur 29 (5 blancs, 2 marqués d'une croix).

    Simone Veil est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010. Jean d'Ormesson prononce le discours de réception, et Simone Veil l'éloge de son prédécesseur, l'ancien Premier ministre Pierre Messmer.

    Article tiré de Wikipédia


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