• Verdun, le symbole de la résistance française face à l'armée allemande. Un véritable orage d'acier. Récit et lieux à visiter.

    Verdun, un orage d'acier

    Un orage d’acier s’abattait sur Verdun au plus fort des combats qui durèrent de février à décembre 1916. 10000 obus par jour ! « C’est dire la rage de cette bataille, qui fut avant tout un duel d’artillerie, 80% des 700000 victimes ayant été tuées ou blessées par des éclats d’obus », précise Jean-Luc Demandre, président de l'association Connaissance de la Meuse. 

    Que reste-t-il aujourd’hui de ces affrontements dantesques, symboles de la guerre industrielle et de la résistance de l’armée française, seule engagée sur ce front face aux troupes du général Falkenhayn ? Avant tout, la houle immobile de la forêt qui recouvre 10000 hectares du bois des Caures (au nord), où les chasseurs du colonel Driant reçurent le premier choc le 21 février 1916, au fort de Souville (au sud), lieu de l’extrême avancée allemande, l’été suivant.

    Composée de pins noirs et d’épicéas, de hêtres, d’érables et de chênes plantés sur le sol lunaire, elle a préservé, dans l’ombre, le champ de bataille jonché de soixante tonnes de ferraille à l’hectare.

    Verdun, « le sol qui parle »

    Trous d’obus à l’infini, restes de boyaux de ravitaillement, anciens ouvrages fortifiés, postes avancés de l’infanterie, lieux de cantonnement, les forestiers de l'Office national des forêts (ONF)  ont dénombré sur place près de 400 vestiges de guerre.

    « À l’heure où les témoins du drame ont disparu, c’est le sol qui parle à Verdun », affirme Frédéric Hinsberger, de l'Office national des forêts . Le sol, mais aussi les clairières qui parsèment le massif et révèlent, en neuf lieux très précis, l’emplacement de villages détruits au cours des affrontements.

    De Beaumont, Bezonvaux, Douaumont, Louvemont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont, Ornes, Vaux et Cumières subsistent des traces bouleversantes : photos des villages et de leurs habitants, objets du quotidien, outils des forgerons et paysans de ce pays champêtre, alors semé de vergers.

    Exposées le long des anciennes grandes rues retracées dans l’herbe drue, ces traces témoignent de lieux de vie et de communautés humaines englouties par la guerre. Le champ de bataille garde ainsi, pour les nouvelles générations, la mémoire de ceux qui le peuplaient avant la guerre.

    • Verdun, lieux de mémoire

    - Douaumont, l’ossuaire

    Il abrite environ 130000 corps de soldats allemands et français non identifiés. Visite de la crypte, de la chapelle et de la tour.

    Ouvert tous les jours. Tél. : 03-29-84-54-81. www.verdun-douaumont.com

    - Fort de Douaumont

    Clé de voûte du système fortifié de Verdun, pris et repris au fil de terribles combats. Le dédale des galeries permet d’avoir un aperçu de la vie souterraine des soldats.

    Ouvert tous les jours. Tél. : 03-29-84-41-91. www.verdun-meuse.fr

    - Fort de Vaux

    Casemates, tourelles et salles souterraines où les Français assiégés résistèrent à la limite de leurs forces début juin 1916.

    Ouvert tous les jours. Tél. : 03-29-88-32-88. www.verdun-meuse.fr

    - Le PC du colonel Driant

    Ouvrage bétonné qui subit le premier choc le 21 février 1916. Tout près, une stèle dédiée au chef des chasseurs à pied, à l’endroit où il fut tué.

    - Les villages détruits

    Beaumont, Bezonvaux, Douaumont, Louvemont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont, Ornes, Vaux et Cumières. De toutes ces communes « mortes pour la France » demeurent des vestiges poignants, des emplacements de maisons et de lieux de vie.

    - Le Centre mondial de la Paix

    Situé dans le Palais épiscopal de Verdun, lieu d’échange et de rencontre sur le thème de la paix et des libertés, il propose des expositions temporaires passionnantes, dont actuellement : « Que reste-t-il de la Grande Guerre ? »

    Article paru dans Pèlerin en  mai 2014


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